La pilule a du mal à passer. Depuis la chronique du mercredi 23 septembre de Patrick Cohen sur France Inter, dans laquelle il déplorait la décision de Pascal Praud de lister quotidiennement le nom de personnalités s'engageant contre le Rassemblement National, le présentateur de CNews est en colère. Dans la foulée de l'éditorial du journaliste de Radio France, le journaliste de "L'heure des pros" lui avait vertement répondu : "Il n'y a rien à redire sur ce que j'ai dit à ces moments-là et je signe des deux mains sur ce que j'ai pu dire, et l'interprétation de mes propos est évidemment fausse et témoigne de gens qui perdent leurs nerfs, qui ont basculé dans l'irrationnel", s'était-il indigné. "Je trouve ça scandaleux. Les mots ont du sens. Ça tombe sous la juridiction tout court et pas seulement de l'Arcom pour des propos infamants et diffamatoires", avait ajouté le chroniqueur Eric Naulleau.
Ce même 23 septembre, dans "L'heure des pros 2", Pascal Praud a remis une pièce dans la machine. Après avoir évoqué le cas de Cyril Lacarrière, qui a souvent parlé de lui sur France Inter, Pascal Praud poursuit : "Je vais vous dire quelque chose : on les obsède. C'est ça, la réalité. 'Quotidien', 'France Inter', 'Libération', 'Le Nouvel Observateur', 'Télérama'... on les obsède". "Et c'est plutôt bon signe si on les obsède, non ?", lance Yoann Usaï. "Je pense que c'est plutôt bon signe. Le jour où on ne les obsèdera plus, on aura du soucis à se faire". "Je vais vous dire quelque chose : je pense qu'ils nous protègent, poursuit Pascal Praud. Je vous assure. Je pense qu'en fait tout cela est contre-productif. Ils nous protègent en nous attaquant de cette manière-là". "C'est un spectacle pathétique", intervient Louis de Raguenel, qui déplore "le climat délétère" créé par tout cela dans la société. "Personne n'est dupe", poursuit alors Pascal Praud.
Dans sa chronique sur France Inter, Patrick Cohen avait assuré que le présentateur de CNews avait "franchi encore un cran" en annonçant la mise en place de cette énumération quotidienne de personnalités anti-RN. "Ces campagnes de dénigrement conduites par ces héros autoproclamés de la liberté d’expression n’ont effectivement qu’un but : harceler, terroriser, réduire au silence. Évolution vertigineuse. Les médias Bolloré ne se contentent plus de promouvoir ouvertement les partis d’extrême droite, ils en sont le bras armé, ils organisent l’intimidation de leurs contempteurs", avait-il déclaré, avant d'ajouter : "C’est du jamais vu en France. Y a-t-il encore une autorité de régulation dans la salle ?".