Après une première requête au printemps, ils retentent le coup. Le quotidien "Libération" révèle que 71 universitaires spécialisés dans le droit, maîtres de conférences et professeurs, ont déposé lundi 31 août un recours devant le Conseil d'État pour que celui-ci agisse face au manque de pluralisme sur CNews et Europe 1, deux canaux appartenant au milliardaire Vincent Bolloré. L'Arcom a déjà épinglé à plusieurs reprises la chaîne de la TNT pour ce motif, avec notamment une mise en demeure le 15 juin, que CNews avait vivement contestée. Le canal 14 avait affirmé qu'il allait engager des recours devant le Conseil d'État suite à cette décision, estimant que le régulateur portait là atteinte à sa liberté éditoriale.
En mars, 57 spécialistes du droit avaient déjà déposé une requête auprès du Conseil d'État, une procédure qui n'avait pas été retenue pour des questions de forme. Cette fois, ce sont près de 20 universitaires supplémentaires qui se joignent à cette demande qui s'inscrit dans le cadre de l'année présidentielle. Pour ces intellectuels, CNews et Europe 1 devraient ne plus pouvoir émettre sur les fréquences publiques, elles qui "violent" de façon "flagrante" et "grave" "la loi du 30 septembre 1986", qui pose le principe fondamental du pluralisme et de la liberté de communication dans les médias audiovisuels français.
Pour les professeurs Camille Broyelle (université Paris-Panthéon-Assas) et Pierre-Olivier Rigaudeau (université polytechnique des Hauts-de-France), cités par "Libération", l'Arcom a "laissé depuis dix ans CNews, puis Europe 1, s’affranchir ouvertement de la loi". "Ces deux chaînes militent pour un courant d’opinion clairement identifié", ajoutent-ils, soulignant l'inefficacité manifeste des sanctions financières. "À cause de ce déséquilibre les candidats ne sont pas placés sur la même ligne de départ pour la course présidentielle", affirment-ils également, soulignant que sur Europe 1 et CNews, "tous les courants de pensée ne disposent pas des mêmes chances".