France Télévisions va réduire de 20% ses financements dans le cinéma l'année prochaine, une mesure d'économie qui suscite l'inquiétude de professionnels du 7e art interrogés vendredi par l'AFP. "Nous avons vu toutes les organisations professionnelles et nous les avons informées de cette baisse", a indiqué à l'AFP Stéphane Sitbon-Gomez, directeur des antennes et des programmes de France Télévisions, confirmant des informations de presse.
Dans le détail, le groupe public, deuxième financeur du cinéma français loin derrière Canal+, investira en 2027 64 millions d'euros contre 80 millions à l'heure actuelle, l'enveloppe consacrée au préfinancement tombant notamment de 65 à 56 millions d'euros. Ce coup de rabot s'inscrit dans le plan d'économies de 90 millions d'euros annoncé pour 2027 par France Télévisions, qui doit notamment composer avec une baisse des dotations de l'Etat.
Sollicitée par l'AFP, la Société civile des auteurs réalisateurs producteurs (L'ARP), une des principales organisations du secteur, a déploré un nouveau coup porté au financement du 7e art, déjà fragilisé par la volonté du gouvernement de relever la TVA sur le groupe Canal+. "On ne s'attendait pas à une baisse d'une telle ampleur", a expliqué son président, Jérôme Enrico. "Il va falloir qu'on fasse autrement et ça risque évidemment d'avoir une incidence, d'une part sur le budget des films, sur le nombre de films produits, et surtout sur leur diversité".
Selon M. Enrico, dont l'organisation tient ses rencontres annuelles au Touquet (ouest), un désengagement de l'audiovisuel public laissera nécessairement un vide. "Vous voyez bien que la ligne éditoriale d'Amazon ne va pas remplacer France Télévisions", souligne-t-il. Cette nouvelle annonce intervient sur fond d'inquiétude plus large du secteur, liée aux discussions budgétaires et aux prochaines élections.
Mi-octobre, plus de 170 cinéastes avaient signé une lettre ouverte alertant sur un risque d'''effacement sans précédent du cinéma français de nos écrans". "Comme dans toutes les industries, on a besoin de stabilité mais c'est difficile de se projeter dans un paysage aussi flottant", déplore M. Enrico.