Édito
Orlando Bloom ou l'art de la joyeuse inattention
Publié le 16 juillet 2011 à 12:00
Pire que le comédien jet lagué, pire que l'acteur "melon", il existe une troisième catégorie bien difficile à canaliser : le faux "jeune premier" dispersé.

Los Angeles, 2ème jour. Quelque chose s'abat sur moi. Quelque chose d'affreux, de sale et de méchant. Le jet lag. A quelques minutes de l'interview d'Orlando Bloom pour Les Trois Mousquetaires, c'est balot. J'ai les yeux rouges "cardinal de richelieu" et l'énergie de Porthos un soir de grande beuverie. Le jet lag est le pire ennemi de l'attente. L'esprit enfumé, je signe un embargo. Je n'ai pas le droit de parler de cette version post apocalyptique et accessoirement épileptique des Trois Mousquetaires. C'est dommage, moi qui voulais en dire du bien... On me demande également mon avis sur les 25 premières minutes du film. La phrase est toute prête depuis 24 heures : "Matrix au pays d'Alexandre Dumas". En 3D. Je rajoute un coeur derrière pour ne froisser personne. Et un smiley. On n'est jamais trop prudent.

La torpeur me gagne dans la salle d'attente. Si je prends un neuvième café, je ne suis pas sûre que ma jambe s'arrête de battre une mesure imaginaire qui semble tout droit sortie du conduit d'aération. J'ai comme une vilaine gueule de bois. C'est injuste, j'ai même pas bu. Surtout ne parler à personne. D'ici que ce soit un journaliste mexicain soporifique et je ne réponds plus de rien. Je ne réponds plus tout court en fait. En même temps, personne n'ose s'approcher de moi. Tant mieux, je réalise que je suis quand même au Regent Beverly Hotel, l'hôtel de Pretty Woman qui a créé tant de vocation dans la prostitution de luxe. Aux toilettes (qui sont agrémentées d'un grand sofa au cas où un ami ait envie de vous accompagner), je fredonne Roy Orbinson. Un couplet plus tard, j'entends qu'on m'appelle. Orlando, c'est toi ?

J'aimerais lui dire que je suis cuite comme une vieille laitue

Tout attaché de presse américain que je croise dans les couloirs me demande comment je vais. Je décide de m'étendre sur mon jet lag, ça leur apprendra à être trop poli. J'étouffe un bâillement entre mes seins avant de rentrer dans l'immense pièce où le classy Orlando Bloom m'attend. Je remarque une grande jarre pleine de citrons sur la table basse. Ça sent la gueule de bois. Orlando me salue. Et baille. Déjà ? Mais j'ai même pas encore posé ma première question. Il sait que je suis Française. Il me parle de Lyon où il a passé 3 mois en voyage scolaire. Pourquoi pas Paris, il était puni ou quoi ? De mon coté, j'aimerais lui dire que je suis cuite comme une vieille laitue mais feel like an old salad, je ne suis pas sûre qu'il comprenne.

Je lui demande s'il pense que le cinéma est un bon moyen de faire découvrir l'histoire de France aux Américains. Il me répond que si je vais voir Les Trois Mousquetaires 3D pour l'histoire de France, je vais être déçue. Il se lève. Ayé, je le perds. Il fouille tous les placards. Se rassoit. Avale une gorgée de sa jarre. Partage son temps libre (donc mon temps d'interview) entre bâillements et légers renvois matinaux. M'en fous, j'ai 4 pages à rendre. Je garde le sourire face à son inattention. Ses yeux font du yoyo. Je prends en pitié sa possible fatigue jusqu'à ce que j'identifie le vrai problème : son attraction mammaire. Orlando a découvert que j'avais une paire de seins. J'ai mis un décolleté mais quand même. Ceux qui connaissent ma robe beige vous diront que c'était de la provocation. Ce sont des menteurs, j'en referme mon gilet de pudeur. C'est pour dire.

Il me serre si fort que mes seins ne font plus qu'un

Visiblement lassé de mes seins, Orlando décide de partir en quête d'un mouchoir dans la pièce voisine. Silence. Orlando ? Tu es là ? Il dit de loin qu'il ne comprend pas le sens de ma question. Peut-être parce qu'il n'a pas entendu la fin. Le temps de se moucher et l'interview est quasi terminée. Merci, c'était un grand plaisir. Orlando insiste pour faire une photo avec moi. C'est le moment où il a l'air le plus vif. Il me serre si fort que mes seins ne font plus qu'un. Pour la peine, je me tiens comme une première communiante. Et lui ressemble à mon amoureux du lycée, fan de tuning, qui aurait mis sa plus belle chemise pour rencontrer mes parents. Orlando, j'aime ton côté province assumé.

Par Scherer | Journaliste
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