L'affiche était belle, la réalisation beaucoup moins. Ce jeudi 26 mars, TF1 diffusait la première des deux rencontres amicales de la tournée des Bleus aux Etats-Unis. Ce Brésil-France, remporté par les hommes de Didier Deschamps (1-2), a tenu toutes ses promesses... sur le terrain. Car, dès les premières minutes, des supporters ont pesté contre la "qualité d’image digne des années 1990" et des angles de caméra particulièrement mal choisis. Un constat également établi par la chaîne partenaire de l'équipe de France, simple spectatrice des dégâts. "La réalisation est indépendante de TF1, le groupe reprend le signal international durant l'intégralité de la rencontre", a fait savoir la Une à nos confrères de "L'Équipe". "Le groupe TF1 déplore à ce sujet la qualité du rendu, pas au niveau d'un tel événement".
C'est en effet une société américaine choisie par une agence marketing qui s'est assurée de la production de cette rencontre, et non pas HBS, mandatée par la FIFA depuis le Mondial 2002. Pour la prochaine Coupe du monde aux Etats-Unis, Mexique et Canada, elle devrait reprendre le flambeau et proposer des images dignes de ce nom. "Il s’agit d’un match amical non géré par la FIFA. Pour le Mondial, le cahier des charges de la production-réalisation des rencontres est l’un des plus exigeants", souligne Sacha Nokovitch, l'un des journalistes médias du quotidien sportif. Mais les failles aperçues jeudi soir lors de Brésil-France qui pourraient également apparaître à l'occasion de la rencontre contre la Colombie, dimanche à 21 heures, un match toujours diffusé sur la Une.
"Elle était claire, pas définie, ce n'était pas intense", a reconnu Laurent Lachand, réalisateur aguerri, au sujet de la qualité du signal, lequel a essayé de trouver des circonstances atténuantes au diffuseur. "Je n'en ai pas la certitude mais cela pourrait s'expliquer par des différences techniques, de formats vidéo qui s'articulent mal les uns avec les autres, de transcodage. Il y a pu avoir un problème pour matcher les moyens de captation américains et de diffusion en Europe". Quant à l'absence de plan large, là aussi, Laurent Lachand épargne la réalisation américaine. "Cela ne m'a pas choqué, c'est plutôt la tendance du moment", analyse t-il.
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Pour rappel, pour la Coupe du monde, le Groupe M6 prévoit de diffuser 54 des plus belles rencontres de la compétition sur M6 et M6+, dont évidemment tous les matchs de la sélection tricolore, qui se retrouve dans le groupe I avec le Sénégal, la Norvège et un barragiste intercontinental qui reste à définir (Irak, Bolivie ou Suriname). BeIN Sports proposera l'intégralité de la compétition à ses abonnés.
TF1 n'a en effet pas surenchéri sur les droits du plus prestigieux des tournois, délaissant progressivement le football pour une offre plus orientée multi-sports. La décision d'abandonner en linéaire son magazine dominical "Téléfoot" abonde dans ce sens. Un choix éditorial fustigé par son ancien consultant Jean-Michel Larqué, lequel regrette la fin de la mise en avant d'un football populaire. "TF1 a choisi de tourner le dos à ses meilleures audiences. Quand je travaillais à TF1, les vingt meilleures audiences de l’année étaient vingt matchs de football. On a tourné le dos à ça, on a lâché les droits qu’on avait pour acheter du rugby qui est plus porteur…", a dénoncé l'ancienne légende des Verts.

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