"Olivier Nora quitte Grasset et une petite caste enclenche la musique de la liberté assassinée". Pascal Praud a consacré son édito à la crise que traverse la maison d'édition Grasset, ce lundi, comme il avait fait les jours précédents. En prenant parti pour Vincent Bolloré, son patron, l'animateur de "L'heure des pros" sur CNews s'est mis à dos une partie des observateurs, mécontents et choqués du limogeage d'Olivier Nora, le PDG de la boîte. Olivier Dartigolles lui a explicitement demandé de se reprendre dans un message écrit sur X, ce lundi matin. "Allons, allons Pascal", a réagi son ancien acolyte après avoir entendu son billet matinal. "Pour la quatrième fois ce matin, ce cher Pascal Praud présente les auteurs de chez Grasset 'comme des auteurs sans lecteurs'", a-t-il ri jaune en mentionnant le journaliste.
Les deux hommes ont longtemps débattu ensemble en plateau avant que l'ancienne figure politique devienne un chroniqueur régulier de Cyril Hanouna dans ses différentes émissions. Pour prendre le contre-parti de son confrère, l'intervenant de "Tout beau, tout n9uf" lui a rappelé les prestigieux auteurs qui publiaient leurs ouvrages aux éditions Grasset. "Virginie Despentes ('Vernon Subutex'), Gaël Faye ('Jacaranda'), Vanessa Springora ('Le Consentement'), le magnifique Sorj Chalandon. Et d'autres encore", a-t-il énuméré, mettant Pascal Praud face à l'évidence.
Tout en pointant du doigt la mauvaise foi de celui qui considère ce remue-ménage médiatique "comme une tempête dans un verre d'eau", il note également l'absence de contradiction sur les antennes du groupe contrôlé par le milliardaire breton, comme sur France Télévisions. "Ce qu’il dit ce matin pose une question essentielle : est-il toujours possible d’avoir des plateaux avec différentes sensibilités pour débattre", s'interroge l'ancien membre du parti communiste. "Sur les chaînes publiques. Et privées", précise-t-il. Olivier Dartigolles est en effet effrayé par la perspective que "la guerre culturelle se mène chacun sur sa rive" et que "dans l'entre-soi, chacun fasse sa popote dans sa cuisine".
Dans son édito, Pascal Praud estimait que Vincent Bolloré avait résumé dans sa tribune au "JDD" "un certain monde littéraire qui dénonce des fatwas à qui échappe à son contrôle" et mis eu cause les médias qui avaient soutenu Olivier Nora. "Rien de nouveau sous le soleil, cette petite caste ne supporte pas une parole dissidente, elle veut l'hégémonie des idées", martelait-il, défendant mordicus Vincent Bolloré contre "les déserteurs de Grasset, pour la plupart des écrivains sans lecteur". 170 d'entre eux, dont Virginie Despentes, Bernard-Henry Lévy ou Frédéric Beigbeder, ont en effet secoué le monde d’ordinaire feutré de l’édition avec leur décision inédite de refuser de publier de nouveaux livres dans leur maison actuelle.

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