Olivier Nora, patron des éditions Grasset, limogé par V. Bolloré
Séisme dans le milieu littéraire. Dans un communiqué, le groupe Hachette Livre appartenant à Vincent Bolloré annonce le départ, dans "quelques semaines", du PDG des éditions Grasset, Olivier Nora. L'affaire intervient quelques semaines après l'annonce de l'arrivée de l'écrivain Boualem Sansal dans cette maison d'édition. Jean-Christophe Thiery, PDG de Louis Hachette Group, succèdera à celui qui dirigeait Grasset depuis 26 ans.
Arnaud Lagardère, PDG d'Hachette Livre, tient "à remercier chaleureusement Olivier Nora, pour son engagement et pour le travail remarquable accompli durant toutes ces années". "Figure du paysage littéraire français, il a toujours œuvré avec grand talent au rayonnement de nos maisons et de nos auteurs et a ainsi joué un rôle déterminant pour installer Hachette Livre comme leader de l’édition en France" peut-on lire. De son côté, Olivier Nora se dit "fier d’avoir pu porter les couleurs" de Grasset "en toute indépendance" depuis 2000.
Loin de l'annonce officielle, plusieurs médias ("L'Express", "Libération") affirment qu'Olivier Nora avait "été licencié par Vincent Bolloré", le milliardaire propriétaire de Hachette. "Mais ni Hachette ni Olivier Nora n'ont donné d'explication à ce départ soudain" peut-on dire dans une dépêche AFP. Depuis le 13 mars, le monde de l'édition est secouré par l'annonce du départ de Boualem Sansal de son éditeur historique, Gallimard - qui l'avait soutenu et accompagné lors de son incarcération - pour rejoindre Grasset.
Le monde de l'édition a été secoué par l'annonce, le 13 mars, du départ de Boualem Sansal de son éditeur historique, Gallimard - qui l'avait soutenu et accompagné lors de son incarcération - pour rejoindre Grasset. Selon une source proche du dossier, interrogée par l'AFP, il est lié à un désaccord sur la date de sortie du prochain livre de Boualem Sansal consacré à sa détention en Algérie, la direction de Hachette la voulant en juin tandis qu'Olivier Nora préférait qu'elle soit en novembre. L'écrivain franco-algérien a annoncé dimanche au Journal du dimanche que son prochain livre, qu'il a présenté comme "un livre de guerre", était "prêt" et pouvait "sortir demain matin".
Boualem Sansal, gracié en novembre par le président algérien Abdelmadjid Tebboune après un an de prison, a par ailleurs affirmé samedi qu'il entendait l'"attaquer en justice", quand ce serait "le bon moment". Invité de Public Sénat mardi, Boualem Sansal a démenti défendre des idées d'extrême droite. "Pas du tout. Je suis Boualem Sansal, j'ai ma ligne. Je ne suis ni ceci, ni cela. Je peux picorer (...) Je prends à droite, je prends à gauche", a-t-il dit.

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