Après des mois d’investigation, "Médiapart" a publié une longue enquête à charge contre Jordan Bardella. Selon les journalistes Alexandre Berteau et Antton Rouget, le président du Rassemblement National aurait tenu des propos complotistes et antisémites entre 2013 et 2015. "Toutes les banques sont détenues par des juifs", "Les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts français", aurait, entre autres, écrit le député européen dans des boucles de mails, et des conversations numériques privées militantes. "Nous avons pu authentifier, y compris même techniquement, la véracité et l’attribution à Jordan Bardella", a déclaré Fabrice Arfi, co-responsable du pôle enquête du journal à nos confrères de France Info ce 28 septembre.
Jordan Bardella n’a pas tardé à répliquer. Au micro de CNews, le bras droit de Marine Le Pen a nié en bloc ces accusations, et affirmé avoir déposé une plainte contre Médiapart pour diffamation. Sur France Info, Fabrice Arfi s’est dit prêt à collaborer avec la justice autant que faire se peut : "Pour écrire des choses aussi graves, engageant la réputation du journal, nous sommes sûrs à 200% de ce que nous publions et nous avons bien entendu les moyens de le démontrer dans le débat public, mais y compris devant la justice". Le journaliste a notamment expliqué que l’ensemble des preuves récoltées par ses collègues ont une existence tangible, et ne sont pas de simples et contestables "propos rapportés".
Une position qui diffère complètement de celle tenue par Jordan Bardella. Il a en effet qualifié lesdites preuves de "faux grossier", et l’enquête "d’opération de barbouzerie". Marine Le Pen a quant à elle estimé que cette affaire lui paraissait "totalement délirante", et qu’elle n’en croyait pas un mot. Une prise de position que Médiapart entend bien contrer : "Puisqu’il nous met, pense-t-il, au pied du mur, en déclarant que les documents sont faux, Médiapart, comme nous l'avons toujours fait dans notre histoire, nous répliquerons évidemment à Jordan Bardella (...) bien entendu que nous sommes disposés à rendre public les documents, en tout cas certains documents que nous détenons".