"Jordan Bardella piégé par la traduction ?" Lundi soir, l'oeil du "20 Heures" de France 2 voulait faire la lumière sur la signature d'un accord entre le président du Rassemblement national et le leader de l'extrême droit britannique, Nigel Farage, sur le retour des migrants interceptés dans les eaux britanniques. Mais les équipes de Jean-Baptiste Marteau ont repéré dans le texte, que les deux hommes ont brandi en photo, une erreur de traduction, loin d'être anecdotique. Il est en effet écrit, en français comme en anglais, au sujet de ces réfugiés que : "la France reconduira ces personnes vers leur pays d'origine." Mais, un passage du document, stipulant en anglais que la France va "accepter" sur son sol les migrants interceptés dans les eaux britanniques, ne figure pas dans la traduction française.
Réelle volonté de rendre le texte plus lisible ou revirement sur l'engagement pris par le RN sur le sujet, le débat a délié les langues du monde politique. Au point de voir Jordan Bardella annoncé son intention de saisir l'Arcom, ce mardi, après avoir eu écho de ce reportage. "Le service public de l’audiovisuel, via le JT de 20h de France 2, a diffusé hier un reportage à charge, sans aucun contradictoire, sur la politique que nous mettrions en œuvre pour stopper l’immigration illégale qui transite de la France vers le Royaume-Uni", écrit sur X le dirigeant politique. Il ajoute que l'intervention du député européen et porte-parole de son parti, Fabrice Leggeri, "n'a même pas été diffusée à l'antenne".
Furax contre ce "manquement à la déontologie la plus élémentaire", le rival de Marine Le Pen dans la course à l'Elysée a donc décidé de faire appel au gendarme de l'audiovisuel pour trancher sur ce dossier. Il a également profité de cette intervention sur les réseaux sociaux pour rappeler la presse à ses devoirs. "Dans cette campagne présidentielle, le rôle des médias, particulièrement du service public, n’est pas de militer matin midi et soir contre le Rassemblement National : c’est d’informer les Français en toute impartialité", conclut Jordan Bardella.
France Télévisions, et ses JT, ont déjà été sermonnés par l'autorité de régulation, en juillet dernier, après que Julian Bugier et Léa Salamé avaient, dans leurs éditions respectives, confondu les circonstances de la mort du professeur Dominique Bernard avec celles de Samuel Paty. L'Arcom est ainsi "intervenue fermement auprès de la société France Télévisions afin de lui demander de veiller à l’avenir au respect de l’exigence d’honnêteté et de rigueur qui lui incombe dans la présentation de l’information, en toutes circonstances, et plus singulièrement lorsque sont évoquées des affaires aussi dramatiques".