Tensions explosives au sein de "Capital". Selon "L'Informé", la Une du numéro de décembre du magazine pose problème. Le titre initialement choisi, "La gabegie", consacré à l'audiovisuel public, a provoqué une fronde interne. "Aucun journaliste n'a voulu traiter ce sujet 'dérapage' demandé par la direction, car nous savions pertinemment le traitement idéologique attendu", explique un membre de la rédaction.
Face à ce refus, Serge Nedjar s'est tourné vers un renfort extérieur… issu du "JDD". C'est Florian Anselme, ancien chroniqueur de "Touche pas à mon poste" et collaborateur régulier du "JDD" et d'Europe 1, qui a été chargé d'écrire cette enquête. Habitué des papiers concernant France Télévisions - qu'il décrit tour à tour comme "au bord de l'asphyxie" ou "à la dérive" - il est déjà intervenu sur plusieurs couvertures mettant en cause le service public.
Le mensuel économique du groupe Prisma Media s'apprête justement à quitter ses locaux de Gennevilliers pour rejoindre ceux de CNews et du "JDD", dans le XVe arrondissement de Paris. Une décision prise malgré un vote unanime des élus contre ce déménagement, leur avis n'étant que consultatif. Le départ est prévu pour le 15 décembre, dans un climat de défiance inédit.
En parallèle, une clause de conscience est en négociation pour permettre aux journalistes opposés à cette réorganisation de partir. L'indemnité proposée — 1,25 mois de salaire par année d'ancienneté — est jugée insuffisante par les représentants du personnel, d'autant qu'elle pourrait s'appliquer prochainement à d'autres titres comme "Femme Actuell"e ou "Voici".
Les syndicats s'inquiètent de la montée en puissance de l'interventionnisme de la nouvelle direction, composée de proches de Vincent Bolloré arrivés à la rentrée : Gérald-Brice Viret, patron de Canal+ France, nommé vice-président de Prisma, et Serge Nedjar, directeur général de CNews, catapulté à la tête de toutes les rédactions du groupe.
Depuis le rachat de Prisma par Vivendi en 2022, les journalistes ont déjà connu un premier exode, avec 197 départs lors d'une clause de cession. Aujourd'hui, la reprise en main se fait plus brutale encore. En octobre, selon "Le Monde" les syndicats déploraient "un interventionnisme débridé et cost-killing à tous les étages". Des syndicats qui ont dénoncé un PSE visant 54 postes, le gel des piges sur le pôle "Femme" et plusieurs interventions directes de la direction sur les contenus, comme une double page imposée dans "Femme Actuelle" écrite… par une journaliste de CNews.

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