Notre jour viendra : La revanche des roux

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Notre jour viendra : La revanche des roux
A l'origine du collectif Kourtrajmé et réalisateur de clips, Romain Gavras se lance avec "Notre jour viendra" dans un film désespéré, drôle, provocateur, un peu bordélique et un rien troublant.

Le sujet est difficile: traiter des roux est un thème qui porte plus à la rigolade, voire à la moquerie, qu'au drame social. Et pourtant, Romain Gavras a l'audace d'en parler comme d'une minorité persécutée et d'aborder son sujet avec le plus grand sérieux. Que l'on adhère à cette idée ou pas n'est pas le plus important. Les personnages sont touchants et on se plaît à les suivre dans leurs délires destructeurs.

Cela dit, il devient plus difficile de leur emboîter le pas lorsque leur périple tourne à la tuerie démentielle, voire absurde. Le problème n'est pas le massacre - on n'est jamais contre un peu de sang et une bonne dose de violence. Le problème est la façon dont c'est amené. Le basculement semble trop brusque. Le passage du désespoir poétique à la violence non contrôlée est trop mal géré pour être crédible. Et c'est bien dommage, car le plus grand défaut du film est bien là. A vouloir déstabiliser le spectateur, on peut aussi le perdre. Le dosage est difficile et le résultat peut-être frustrant.

C'est l'histoire d'un mec qui tombe d'un immeuble...



Jusqu'ici tout va mal. C'est l'histoire de deux paumés un peu déjantés (c'est rien de le dire), deux roux, deux hommes seuls, deux enragés. Ensemble, ils s'enfuient vers nulle part, s'enfonçant un peu plus à chaque pas dans la violence et l'incompréhension. Le premier, le plus jeune (Olivier Barthelemy), que l'on découvre au début mal dans sa peau et totalement soumis, rêve d'une terre idéale, où tout le monde est roux. Poussé par Patrick (Vincent Cassel), un psy nihiliste, il va peu à peu sortir de sa coquille, et se confronter aux autres, enfin. Et pas forcément de la façon la plus délicate.

C'est à partir de là que démarre une longue route, entre quête d'identité et recherche d'un but, pour finir par un rejet total des autres, de ce monde qui les exclut depuis toujours et où ils n'ont pas leur place. Olivier Barthelemy et Vincent Cassel sont impeccables. Aussi barrés l'un que l'autre, le premier est plus dans la retenue, tandis que le second s'en donne à coeur joie pour le plus grand plaisir des spectateurs. Violence, désespoir mais aussi folie douce (au début en tout cas) donnent lieu à des répliques hilarantes et des situations dérangeantes. Leur voyage connaît alors des hauts et des bas... tout comme le film.

C'est quand qu'on va où ?



Romain Gavras suit ses deux personnages avec frénésie, compassion et une pointe de folie furieuse. On sent un profond désir de parler d'eux, de ces exclus, de ces « sans peuple, sans pays, sans armée ». S'il y arrive de façon convaincante dans la première partie du film, il semble pourtant se perdre un peu dans la seconde. Provocation un peu superficielle et violence gratuite, ou en tout cas mal présentées, le film dévoile certaines inégalités.

On se demande parfois où l'on va et pourquoi. Nous sommes traînés dans les décors les plus tristes et gris du Nord de la France. Une anti-carte postale à nous dégoûter de mettre un pied là-bas. Il n'y a absolument rien à quoi se raccrocher, rien de joli, rien de donneur d'espoir. Romain Gavras sait parfaitement comment nous mettre mal à l'aise. Et même quand le récit se perd un peu ou semble tourner en rond, le malaise, lui, est toujours là.

Au final, le film est loin d'être parfait mais il est à prendre avec ses défauts. L'énergie, le côté déjanté, la violence en roue libre, cet espèce de chaos maladroit, tout cela, bien qu'inabouti, fait plaisir à voir. Romain Gavras et Kim Chapiron, également fondateur de Kourtrajmé qui a déjà fait du très bon boulot avec Sheitan et Dog Pound, font ce genre de films qui donnent envie de défendre bec et ongle le cinéma français.

Romain Gavras
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