"Ils ne me feront pas taire". Charles Alloncle est déterminé à aller jusqu'au bout dans sa croisade contre l'audiovisuel public. Nommé rapporteur de la commission d'enquête, le député ciottiste de l'Hérault a fait usage d'un ton inquisiteur à plusieurs reprises lors des auditions des personnalités convoquées. Ses méthodes, à l'Assemblée nationale comme sur les réseaux, lui sont d'ailleurs reprochées par le président de ce travail parlementaire, Jérémie Patrier-Leitus. "Moi je n’aime pas beaucoup les tribunaux politiques, et je n’aime pas la politique spectacle", a notamment précisé celui qui s'est souvent accroché avec son collègue. Furieux, Xavier Niel avait comparé cette commission à un "cirque" lors d'une joute verbale particulièrement tendue avec le rapporteur.
Très affable sur X, ce qui lui est également dûment reproché, Charles Alloncle a néanmoins encore utilisé ce canal pour dénoncer un mail expédié par un journaliste du site "Les Jours", dont les co-fondateurs de Mediawan, Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton, seraient actionnaires externes, selon Wikipedia, cité par le rapporteur de la commission dans son tweet. Le média, qualifié d'"officine d'extrême gauche" par Charles Alloncle, le questionne sur les publications Facebook "sexistes et racistes" de l'un de ses collaborateurs parlementaires. "Êtes-vous au courant de ces publications ? Qu'en pensez-vous ?", l'interroge le journaliste préparant un article sur l'homme en question.
"À quelques jours du vote du rapport, le système se déchaîne", souligne le protégé d'Eric Ciotti, laissant entendre que l'ordre vient du sommet de l'organigramme. "Quel que soit leur pouvoir, quelles que soient leurs méthodes, quelles que soient leurs intimidations, ils ne me feront pas taire", assure le député de l’Union des droites. C'est lundi 27 avril, dans l'après-midi, que sera voté le rapport écrit par Charles Alloncle. "S’il est populiste et voyeuriste, il y a peu de chances qu’il soit voté", décrypte dans "La Tribune du dimanche" un parlementaire.
La révélation de ce courrier intervient quelques jours après un échange musclé avec Xavier Niel, l'un des co-fondateurs de Mediawan, à l'Assemblée nationale. Le patron d'Iliad et de Free avait failli quitter le palais Bourbon à force d'être coupé dans son propos liminaire par Charles Alloncle. Il l'avait également accusé de "propager beaucoup d’approximations, de fake news, de mensonges sans aucune forme de contradictoire". Le président de la commission avait demandé à suspendre la séance en raison de ce dialogue de sourds. Mais les échanges houleux avaient repris de plus belle, avec, en bonus, l'intervention de Matthieu Pigasse, lui aussi, très remonté contre le rapporteur. "Vous êtes incroyable, vous vous posez en victime alors que vous multipliez les fausses informations, vous déversez des torrents de boue sur les gens et vous vous étonnez qu'on vous réponde", avait notamment lancé l'homme d'affaires.

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