Seb la Frite ("Seb en Papouasie" sur TFX) : "On est dans la même lignée que 'Rendez-vous en terre inconnue'"

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Seb la Frite ("Seb en Papouasie" sur TFX) : "On est dans la même lignée que 'Rendez-vous en terre inconnue'"
Le vidéaste Seb
Le vidéaste Seb © TF1
Le vidéaste s'est confié auprès de puremedias.com.

De youtubeur à aventurier. Ce soir, à 21h05, TFX diffusera un documentaire baptisé "Seb en Papouasie, la vraie aventure", produit par Studio 71 et Younited. Ce film sera incarné par le jeune vidéaste Seb qui comptabilise sur sa chaîne Youtube près de 4,3 millions d'abonnés. Pendant plus d'un mois, il a accompagné une expédition scientifique en Papouasie à la recherche de terres inexplorées. A l'occasion de la diffusion de ce documentaire, Seb a accordé une interview à puremedias.com.

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Propos recueillis par Florian Guadalupe.

puremedias.com : Pouvez-vous expliquer les origines de ce documentaire ?
Seb : L'objectif était de créer une émission de voyage et de divertissement. Nous avions d'abord imaginé ce projet pour le web. Nous voulions créer des expéditions scientifiques. Je tiens à préciser qu'avec ce projet, nous n'avons pas réinventé les codes. Nous avons juste voulu faire quelque chose qui existe déjà, mais à notre manière. A l'origine de ce projet, mon équipe et moi avions des idées. Nous nous étions fait des plans avec différents voyages. Nous avons ensuite rencontré des scientifiques. De son côté, l'équipe de scientifiques, que nous avons montée petit à petit, avait ses propres objectifs qui lui permettaient de faire avancer ses travaux et ses études. Ca a été un travail commun.

Ils ont dit
"Le montage était très long. Je n'en voyais plus la fin."
Seb

Comment avez-vous composé cette équipe de scientifiques ?
Je ne les connaissais pas à l'origine. Nous les avons contactés au fur et à mesure. Dans l'équipe, il y a un ornithologue, Christophe, qui est un expert dans la nature. Il est incroyable. C'est brillant d'être avec lui. Nous avions un fixeur et traducteur, Julien, qui a vécu dix ans en Papouasie. Il faisait office de guide là-bas. Il nous a été d'une grande utilité. Nous avions besoin de personnes qui connaissaient déjà le terrain de l'aventure. J'étais entouré de gens qui avaient de la bouteille. Il y avait également Bruno et Didier, des spéléologues. Ce voyage était l'une de leurs idées. Ils avaient vraiment envie d'aller en Papouasie pour une chose : ils avaient repéré, via des images de satellite, des écroulements dans la forêt. Quand il y a des écroulements comme ça, ça veut potentiellement dire qu'il y a des galeries souterraines. Leur métier est de répertorier les grottes dans des endroits inaccessibles. Petit à petit, avec les avis de chacun, nous avons bâti ce projet d'expédition. Ca s'est fait en toute logique, mais nous avons pris plusieurs mois à mettre en place ce projet. A expliquer en deux, trois phrases, c'est très compliqué ! (rires)

D'où vous est venue cette envie de partir à l'aventure ?
J'ai un rêve depuis tout petit. Je voulais faire un voyage à l'autre bout du monde. Je souhaitais aller en pleine jungle, faire un truc d'aventurier. C'est à partir de ce rêve qu'on a commencé à rencontrer des gens et à monter une équipe. J'ai dû faire des entraînements avec eux en amont. Il y a toute une préparation avant. Ce n'était pas non plus "l'équipe scientifique travaille et nous, nous nous rattachons". Nous l'avons vraiment fait main dans la main.

Combien de temps a pris l'organisation de ce tournage en Papouasie ?
Deux semaines avant qu'on parte, une équipe est partie en repérage. Deux semaines, c'est extrêmement rare dans une expédition scientifique. Ca n'arrive même jamais. Pendant le tournage, Bruno et Didier faisaient aussi du repérage. Chacun avait son rôle. Le mien était de raconter et décrire cette expédition.

Pendant combien de temps êtes-vous resté en Papouasie ?
Nous sommes restés un peu plus d'un mois. Nous avons tourné il y a exactement un an. Concernant le montage du documentaire, ça a vraiment pris un an. Il y a eu 40 versions différentes. En fait, nous avons voulu jouer les compromis entre une production pour la télévision et une production pour le web. A chaque fois, nous avons essayé de trouver le bon équilibre et de créer un documentaire qui allait plaire à tout le monde. Donc, nous avons pris notre temps. C'était très long. Je n'en voyais plus la fin.

Ils ont dit
"Le documentaire est très dynamique par rapport à un reportage classique."
Seb

En quoi ce film sera différent des autres documentaires que l'on peut voir à la télévision ?
Il sera différent dans l'approche. Ca reste un documentaire. On n'a pas la prétention de dire qu'on a inventé quelque chose. On a essayé de faire un produit nouveau qui s'imprégnait de certains formats web et de certains formats télé. On voit que le web tend à se transformer en talk télévisuel. Pour nous, il manquait ce petit pas dans l'autre sens. Nous avons essayé d'apporter une petite touche web dans une production à la télévision.

C'est-à-dire ?
Dans le montage, par exemple, le documentaire est très dynamique par rapport à un reportage classique. Je trouve que nous avons changé les choses dans les choix d'images et dans les petites décisions, que ce soit dans les décisions de "cut", dans les décisions de vannes assumées ou dans les décisions de faire un plateau télé sans public et entre potes. Ce sont plein de mini-choix qui ne se voient pas forcément, mais qui nous donnent l'impression de faire une différence. Nous ne pouvons pas tout révolutionner. Je dois autant plaire à un public comme ma mère, que la personne sur le web qui a mon âge. Notre plus gros pari est de rendre ce documentaire le plus populaire possible, sans s'afficher dans les codes habituels de la télévision.

Vous êtes-vous inspiré des formats télés tels que "J'irai dormir chez vous" ou "Rendez-vous en terre inconnue" ?
C'est totalement ça. Quand nous avons réfléchi à la création de notre projet, j'avais regardé tous les numéros de "Nus et culottés". Je suis fan d'Antoine de Maximy et de "Rendez-vous en terre inconnue". Par contre, j'aime les images de "Rendez-vous en terre inconnue", mais je n'aime pas trop la narration. Dans "J'irai dormir chez vous", j'aime la proximité et l'approche d'Antoine de Maximy. Donc, oui, c'est vrai, nous avons un peu pioché ce que nous aimions bien dans différents formats. Nous n'inventons rien. Juste, nous nous réapproprions certains aspects. On est 100% dans la même lignée qu'eux. C'est totalement assumé.

Ils ont dit
"Je mangeais toujours la même chose. Je faisais des heures et des heures de marche, dont certaines parfois inutiles."
Seb

Quelle a été la plus grande difficulté lors de l'expédition ?
C'est l'éloignement. C'est certainement la chose la plus dure. Sur place, c'était un cumul de plein de choses. J'étais dans des conditions climatiques difficiles. Je n'étais pas habitué. Je mangeais toujours la même chose. Je faisais des heures et des heures de marche, dont certaines parfois inutiles. Surtout que je ne suis pas forcément le plus sportif (rires). J'étais infesté de boutons. Les moustiques me piquaient dans tous les sens. Je n'ai jamais eu de confort. Je dormais mal. Donc, c'est un cumul de fatigue qui faisait que c'était dur. A chaque fois, je savais que je n'avais pas le choix. Il m'est arrivé de nombreuses fois de râler (rires). Puis, deux secondes après, je me disais que ça ne servait à rien. Je n'avais donc qu'à avancer et me taire ! Et en même temps, c'est comme ça que tu te dépasses. Si j'avais eu un accès à un mini-confort, je me serais jeté dessus bêtement. Mentalement, je ne m'étais pas préparé. Tout était surprenant et plus difficile que ce que j'avais déjà fait. C'était logique que je prenne cher.

Quels ont été les imprévus sur place ?
Les expéditions scientifiques, c'est 100% d'imprévus. Avant de partir, nous avions les grandes lignes de ce voyage mais le tournage n'a été rythmé que par des imprévus. Le plus difficile a été de se demander ce qu'on gardait dans le script final du documentaire. C'est là où la démarche prend du temps. Notre expérience est principalement basée sur de l'imprévu. Par exemple, nous avions trois objectifs à atteindre dans la jungle. Nous n'en avons réussi aucun des trois. Globalement, ça plombe un peu le moral. Mais par hasard - un peu comme dans les films -, nous sommes tombés sur une grotte qui n'était pas répertoriée. Nous y avons découvert des gravures humaines. C'était génial ! Et c'est ça l'imprévu ! Nous n'étions pas partis pour ça et nous n'avions aucun archéologue avec nous. C'est la morale de l'aventure : "Nous sommes partis. Il y avait tout à découvrir. Donc, allons voir ce qu'il y a !". C'est ce qui était génial et excitant. Quand on a travaillé sur le dossier du voyage, j'étais très frustré. Mon équipe m'avait caché certains éléments de l'expédition dans l'intérêt du documentaire. Il fallait que j'incarne le film, donc il fallait que je sois spontané et surpris. Je pourrais en parler trois heures. C'est très dur de tout synthétiser. (rires)

Durant le documentaire, vous échangez avec Squeezie, Maxenss, Sofyan et Luciole. Pourquoi avoir fait le choix de créer un plateau avec des youtubeurs ?
Nous nous sommes inspirés d'une émission de Laurent Baffie où il était dans un bar à discuter avec ses invités. C'était très intimiste et beaucoup dans la discussion. Donc, je me suis dit : "Et si nous, on le faisait ?". Je voulais une discussion très naturelle autour de ce documentaire. Je ne voulais pas des gens en promotion qui n'auraient pas été forcément à l'aise. Je trouve qu'il y a quelque chose qui se dégage quand c'est une discussion entre amis. C'est ce côté sympathique que nous avons voulu apporter. Ce plateau, c'est à 80% de l'improvisation et donc, c'est plus fluide.

Ils ont dit
"Si on veut allier le web et la télévision, il ne faut pas prendre les stars d'internet pour en faire des stars de la télé."
Seb

Comment convainc-t-on une chaîne de diffuser un tel documentaire ? Est-ce plus difficile pour un youtubeur de proposer du contenu à la télévision ?
Pour les contacts avec TFX, c'est quelqu'un qui l'a fait pour moi. Je ne suis pas un professionnel pour ça. Nous avons évidemment dû leur expliquer pourquoi ce projet méritait d'être diffusé à la télévision. Ils ont bien aimé. Je pense que c'était aussi surprenant pour nous que pour eux. Nous nous sommes juste dits : "On le tente ? Imagine, on se fait produire par la télévision ?". Il faut savoir qu'il y a un vrai souci de financement concernant les contenus web, alors que la télévision a les moyens de pouvoir produire ce genre de choses. Une fois qu'ils ont accepté le projet, ils nous ont surtout dit : "Maintenant, vous avez tout à prouver. Si tu te plantes, on ne recommencera plus jamais !". C'est pour ça que nous avons fait le maximum. On a mis notre sueur dedans. Maintenant, on verra ce que ça donne. Dans tous les cas, je pense que c'est une bonne chose. Même pour la chaîne, je pense qu'elle a un intérêt de rajeunir son public en ramenant ces codes du web. Pour ramener les codes du web à la télévision, autant que ce soit les gens du web qui le fassent. Je ne les remercierai jamais assez pour la confiance qu'ils nous ont donnée.

Vous ont-ils pris au sérieux quand vous avez proposé ce projet ?
Ils m'ont pris au sérieux. Oui. Après, je suis entre le youtubeur classique et le gars dont on ne sait pas ce qu'il fait. Je travaille aussi dans la musique. Je travaille en boite de production. Je fais deux vidéos par an. On me connait pour Youtube, mais j'ai aussi mon CV à côté. Donc, ils m'ont fait confiance pour l'ensemble de mes compétences.

Avez-vous posé des conditions pour collaborer avec eux ?
J'ai fait en sorte que mon documentaire puisse être ensuite diffusé sur ma chaîne Youtube. Je trouve ça très novateur. Quand une chaîne produit un programme, elle aura besoin de se rentabiliser. Ce que je voulais, c'est que le programme puisse vivre à travers plusieurs plateformes plutôt qu'à travers un seul canal de diffusion. Si on veut pouvoir allier l'univers du web et de la télévision, il ne faut pas prendre les stars d'internet pour en faire des stars de la télé. Il faut que les deux s'échangent leur savoir-faire. C'est mon avis et je ne sais pas si ça marchera. Mais c'est en tout cas ce que j'ai demandé.

Ils ont dit
"Si TFX est rassurée, la chaîne peut potentiellement commander de nouveaux épisodes."
Seb

Pourquoi d'ailleurs ce choix de la télévision à une époque où les youtubeurs sont très critiques via-à-vis du petit écran et préfèrent rester sur Youtube ?
Pour moi, ce n'est pas un problème que ce soit diffusé sur TFX. Ils le produisent. C'est autant à eux qu'à nous.

Pensez-vous vraiment que votre communauté allumera sa télévision ce soir à 21h05 sur TFX ?
Des retours que j'ai, j'en ai l'impression. Les gens ont été très réceptifs au message et à l'idée. J'espère qu'ils seront au rendez-vous, bien entendu. En tout cas, j'ai l'impression que ça leur fait plaisir de voir des vidéastes qui tentent des projets comme celui-ci. Je suis plutôt content. Sur mes propres réseaux, je vois un engouement.

Quel public visez-vous avec ce documentaire ?
Aujourd'hui, le plus dur est de parler aux jeunes - ceux de mon âge - et au plus grand nombre. Dans mes vidéos, mon public a plus ou moins mon âge. Mon objectif est de parler à tout le monde avec ce documentaire. Je pense qu'un public un peu plus âgé que celui que j'ai habituellement peut apprécier ce type de format. S'ils aiment les émissions de voyage, ce sera totalement accessible pour eux.

Dans l'une de vos dernières vidéos, vous expliquez que "La Grande Aventure" en Papouasie est un pilote. L'audience de ce soir est-elle la condition sine qua non d'une reconduction de votre émission ?
Exactement. Si TFX est rassurée et qu'elle sent qu'elle a eu raison de nous faire confiance, elle peut potentiellement commander de nouveaux épisodes. En conséquence, je travaillerai sur d'autres numéros avec d'autres camarades d'internet.

Avez-vous déjà des idées pour les prochains numéros ?
Oui. J'ai déjà les gens avec qui je partirai. Mais ce sera des épisodes sur-mesure. Par exemple, j'ai une personne, sa passion, ce sont les fonds marins. De ce fait, nous pourrons imaginer un numéro autour de ce thème. L'intérêt de ce format est de réaliser chacun de nos rêves. Il faut vivre une vraie aventure. Ce sont des gros projets. Si on arrive à en faire trois par an, c'est déjà grandiose. J'espère sincèrement que ça pourra se faire.

Ils ont dit
"Je positionne un peu Le Joueur du Grenier comme un youtubeur extrémiste."
Seb

En tant que youtubeur ayant une forte communauté, que représente pour vous le média de la télévision ?
Pour moi, c'est avant tout un canal de diffusion. On a souvent envie de dire qu'internet est la nouvelle télévision, parce qu'internet est devenu un "auto-média", c'est-à-dire un média capable de vivre seul. Mais je trouve que c'est comme comparer le cinéma et Netflix. Ce n'est pas très grave qu'ils soient en concurrence. C'est juste très bien que les deux existent. Globalement, il y a plein de choses à la télévision que j'adore. Mais ce n'est pas pour autant que je passe des heures devant. Nous sommes dans une ère du divertissement accessible partout et à tout moment. Nous ne sommes plus forcément attachés à un programme télé de manière fixe. Le replay, qui est une invention géniale, a déjà bouleversé tout ça. Sur internet, il y a cette possibilité de pouvoir choisir quand et où regarder un contenu. Nous sommes en fait entrés dans une ère du choix. Nous ne manquons pas du tout d'être divertis. Pour résumer ma pensée, je pense qu'il y a de la place pour tout le monde. Pour que chaque média demeure, il faut simplement créer des contenus intéressants.

Pensez-vous comme le youtubeur Le Joueur du Grenier que Youtube est une télévision low-cost et est devenu une plateforme ennuyante ?
Je ne suis pas du tout d'accord avec lui. Comme n'importe où, il y a du bon et du mauvais. Je le positionne un peu comme un youtubeur extrémiste. (rires) Il va trop loin. Sur internet, il y a autant de bon comme de mauvais. Au cinéma et à la télévision, c'est pareil. Les gens ont tendance à se focaliser sur ce qui n'est pas bon, car ça fait parler. Moi, je le suis premier youtubeur qui ne regarde plus trop Youtube. Ca ne me parle plus. J'ai d'autres envies, comme des documentaires ou de la musique. Je ne consomme plus trop, mais je continue de faire des vidéos, car c'est très plaisant. Je ne suis aussi peut-être plus le public des contenus proposés actuellement. Mais je comprends les logiques. Je ne dirai pas comme Le Joueur du Grenier que Youtube est ennuyant. Il a des propos très extrémistes de créateur indépendant qui veut protéger ce qu'il a eu il y a quelques années. Je ne le blâme pas. C'est un excellent youtubeur.

Ils ont dit
"Il y a pas mal de youtubeurs qui ont le syndrome de la drogue des chiffres."
Seb

Ce que vous dites fait écho aux récents propos de Norman sur France Inter, qui explique regarder de moins en moins de contenu sur Youtube et ne plus se reconnaître dans le contenu actuel de la plateforme.
Moi, ce n'est pas pareil. J'ai l'impression de ne jamais proposer la même chose. Je ne m'ennuie pas. J'ai plein d'idées. Pour moi, Youtube est une espèce de support pour m'exprimer. Les gens me suivent pour ça. Si je ne regarde plus trop, c'est parce que ce qui est mis en avant par la plateforme ne me correspond plus. Pour un Norman ou moi, on voit comment s'est fabriqué, on voit quand ils mentent, on voit toutes les ficelles. De ce fait, on n'a plus envie de consommer ce genre de trucs car on n'est plus la cible.

La nouvelle génération produit désormais énormément de vidéos par semaine, contrairement à vous. Vous le reproche-t-on ?
Je travaille sur plusieurs projets qui sont longs. Là, j'ai mis un an et demi à sortir un documentaire. Ca ne me dérange pas du tout. Aujourd'hui, je pourrais produire beaucoup plus de vidéos par semaine et être très riche, mais peut-être que je serais moins heureux. Donc, je préfère sortir des vidéos quand j'en ai envie. J'ai l'impression que les gens le ressentent. Mes abonnés me disent maintenant : "Absente-toi plus souvent ! Quand tu reviens, c'est bien !". Je ne peux que les remercier de me dire ça. Mais j'ai aussi l'impression qu'il y a pas mal de youtubeurs qui ont le syndrome de la drogue des chiffres. Si on tombe là-dedans, on est dans la course aux chiffres et aux statistiques. Moi, je ne regarde plus les autres. Je me mets des oeillères et j'essaie de vivre autre chose. C'est quand même un gros bordel économique dès qu'on entre dans cette spirale. Je pense qu'il est mieux d'être dans la stabilité avec un bon CV, plutôt qu'une belle chaîne Youtube avec beaucoup d'abonnés qui vous disent toute la journée : "Génial !". Je préfère la critique constructive aux gens qui applaudissent peu importe ce que je fais. Aujourd'hui, j'ai une belle communauté et je n'ai pas forcément besoin d'avoir plus de monde. Je ne suis pas dans cette course. C'est aussi pour cette raison que je délaisse un peu Youtube.

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