Stéphane Richard : "Le modèle financier d'Altice est difficilement soutenable"

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Stéphane Richard : "Le modèle financier d'Altice est difficilement soutenable"
Stéphane Richard © Dailymotion
Invité du "Grand Jury" sur RTL, le patron d'Orange en a profité pour égratigner la stratégie de son concurrent, actuellement dans la tourmente.

Stéphane Richard émet publiquement des doutes sur la stratégie d'Altice. Alors que le holding propriétaire de SFR est attaqué sur les marchés depuis plusieurs jours, le patron de son concurrent dans les télécoms en a profité pour tacler la stratégie de convergence entre les tuyaux et les contenus mise en oeuvre par Altice depuis plusieurs mois.

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Interrogé dans le "Grand Jury" de RTL-LCI sur sa politique en matière de contenus, Stéphane Richard a commencé par affirmer que son entreprise était bien présente dans ce domaine. "Nous allons investir 750 millions d'euros dans les contenus", a-t-il ainsi tenu à rappeler, vantant les réussites de ses offres. "Les contenus, ce n'est pas que le modèle d'Altice", a-t-il assuré dans la foulée.

Stéphane Richard a ensuite souligné la différence entre la stratégie d'Orange dans ce domaine, faite de partenariats, et celle d'Altice, basée sur l'intégration. "Dans les télécoms, il y a deux modèles. Il y a un modèle d'intégration (celui d'Altice, ndlr), où on dit : 'j'achète les droits, j'achète les contenus, je fais mes chaînes et je fais des contenus exclusifs'. Ce n'est pas notre modèle. C'est très simple ! Ce n'est pas notre modèle !", a martelé le patron d'Orange.

"Le modèle financier est difficilement soutenable"

"Pourquoi ce n'est pas notre modèle ?", a-t-il ensuite interrogé. "Parce que nous avons une conviction très forte, c'est que l'utilisateur veut avoir la liberté de choix. Nous, nous croyons à la liberté et à l'éventail le plus large des contenus. Donc nous, nous misons sur des partenariats car nous pensons que nos clients veulent avoir Netflix, Canal+, OCS et toutes sortes de contenus librement. Je pense qu'ils n'ont pas envie qu'on les mette dans une sorte de souricière et qu'on leur dise : 'Tu as pris un abonnement, tu vas aussi consommer nos contenus. Ce modèle d'exclusivité, nous n'y croyons pas", a-t-il répété.

Questionné une nouvelle fois sur Altice, Stéphane Richard a expliqué avoir des "doutes sur le modèle". "Le modèle financier est difficilement soutenable tel qu'il est aujourd'hui. Il supposerait qu'il y ait des performances opérationnelles qui, aujourd'hui, ne sont pas tout à fait au rendez-vous", a-t-il commenté. "Au fond, qu'est-ce qui fait qu'une entreprise marche ?", a-t-il poursuivi. "C'est une stratégie un peu constante, c'est une stabilité managériale, ce sont des équipes motivées - parce que l'entreprise au quotidien ce sont des hommes et des femmes qui sont en face des clients qui la font, ce n'est pas tellement les dirigeants (...) Où sont tous ces critères de succès chez Altice ?", a-t-il interrogé dans une question rhétorique.

"Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel"

Et Stéphane Richard de faire la leçon à Patrick Drahi : "On ne peut pas tout faire. On ne peut pas investir massivement dans la fibre optique et investir massivement dans les contenus. Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel (l'Altis, dans la mythologie grecque, est un arbre à la croissance infinie, ndlr) et moi, je crois plus à quelques priorités, le souci des équilibres et surtout le mobilisation des troupes. C'est ça qui fait le succès. Ce n'est pas forcément ce qui aujourd'hui est réuni chez Altice", a-t-il taclé, lui qui avait affirmé un peu plus tôt : "Je préfère mettre un milliard d'euros chaque année pour faire la fibre optique en France plutôt que pour acheter des droits du foot. Chacun ses choix".

Au cours de cette interview, le patron d'Orange n'a enfin pas fermé la porte à un rachat de Canal+ en cas de mise en vente par Vincent Bolloré. "Nous souhaitons que Canal+ soit indépendant, fort, capable d'acheter des droits du foot pour continuer d'être présent dans ce secteur. Nous sommes le premier distributeur de Canal+", a-t-il rappelé. "Si tout cela devait changer et qu'il devait se passer quelque chose autour de Canal+, bien sûr qu'on serait à l'écoute de ce qu'il se passe", a-t-il ajouté. puremedias.com vous propose de revoir cette séquence à partir de 25' et 31'50.

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