Le ton est monté entre Yaël Braun-Pivet et Pascal Praud. Jeudi 27 novembre, la présidente de l'Assemblée nationale a publiquement "condamné" des propos tenus la veille par l'animateur de "L'Heure des Pros", sur CNews. Mercredi matin, ce dernier s'était lancé dans une violente charge contre les fonctionnaires du Palais Bourbon, à propos de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public dont les auditions ont débuté cette semaine.
Estimant que "Patrick Sébastien sera entendu" malgré des réticences internes, il a affirmé qu'"à l'Assemblée nationale il y a plein de gens qui ne veulent pas qu'il soit entendu". Dans sa ligne de mire : "les personnels" de l'institution, qualifiés de "petits hommes gris", et plus particulièrement "les administrateurs de l'Assemblée nationale", qu'il a décrits comme "ce qu'il y a de pire, tous ceux qui les connaissent (le) disent". Il a ensuite dénoncé "ces gens qui n'ont été élus par personne et qui ont pris le pouvoir".
Face à ces attaques, Yaël Braun-Pivet a publié un communiqué dénonçant "des propos d'une particulière agressivité" qui "portent une atteinte grave à la réputation et au respect dû aux personnels de l'Assemblée". La présidente de l'institution a salué "le dévouement et la neutralité exemplaires" de ces agents au service du mandat confié par les Français aux députés. Elle a également mis en garde contre "ces attaques qui nourrissent un antiparlementarisme croissant" et "contribuent à alimenter la défiance des citoyens vis-à-vis des pouvoirs publics". Avant de conclure : "Les attaques aussi faciles qu'abusives envers le personnel politique et ceux qui les accompagnent sont autant de coups portés directement à notre démocratie."
Ce vendredi matin, Pascal Praud a tenu à répondre en direct sur CNews. "Je me suis fait attaquer par Yaël Braun-Pivet parce que j'ai parlé des administrateurs de l'Assemblée nationale", a-t-il commencé. L'animateur a maintenu le fond de ses propos : "C'est souvent les salariés les mieux payés de l'Assemblée nationale, j'ai n'ai rien contre eux à titre personnel, je dis simplement que les politiques doivent reprendre le pouvoir."
Il ensuite concédé un excès dans la forme : "En revanche, si je l'ai dit d'une manière un peu… qu'elle me pardonne, Madame Braun-Pivet. D'abord elle a raison, et je me revoyais dans des échanges hier dans l'émission de 'Complément d'Enquête', parfois effectivement, j'en fais trop (...) il faut mesurer dans le ton". Revenant sur l'origine de sa diatribe, il a insisté : "Il faut dire que ces gens-là, c'est les gens les plus payés de la République. C'est-à-dire qu'ils sont à 10, 12, 13.000 euros. Donc nous, on est citoyens, on a le droit de le dire. Mais en revanche, sur le ton, qu'elle me pardonne". Puremédias vous propose de visionner l'extrait dans la vidéo ci-dessus.
"Je n'attaque pas la démocratie", s'est-il encore défendu, s'appuyant pour conclure sur les affirmations de ses chroniqueurs en plateaux, anciens députés : "Et vous avez deux anciens députés qui disent exactement la même chose que ce que j'ai dit. De manière plus douce, j'en conviens. "

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