Un simple avertissement sans frais. Lors de son assemblée plénière du 8 octobre dernier, l'Arcom a dû arbitrer le cas de Franceinfo et de sa matinale, coupables d'avoir affiché et commenté un tweet incomplet de Jean-Luc Mélenchon. Ce message amputé était au coeur d'un éditorial intitulé "Islam politique : instrumentalisation tous azimuts" et inscrit dans le conducteur de l'émission du 22 mai dernier, présentée par Jean-Baptiste Marteau et Zohra Ben Miloud. Alertée à ce sujet, l'autorité de régulation a mis en garde la chaîne d'information du service public sur ces manquements.
Elle a ainsi jugé "que la diffusion d’un extrait tronqué du tweet était de nature à en altérer la portée et à réduire la référence historique de son propos à une indignation isolée, considérant de surcroît qu’il a été commenté dans un cadre polémique". Dans ce contexte, le canal 16 de la TNT a été rappelée à ses obligations, édictées dans le cahier des charges du groupe audiovisuel.
"L’Autorité a considéré que cette séquence caractérisait un manquement de la chaîne aux exigences d’honnêteté et de rigueur dans la présentation de l’information ainsi que d’adéquation entre le contexte dans lequel des images, des propos ou des sons ont été recueillis et le sujet qu'ils viennent illustrer qui lui incombent", est-il indiqué dans le communiqué d'intervention. Aucune sanction n'a été prise contre l'éditeur, qui devra redoubler d'attention à l'avenir.
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Depuis 2017, année du lancement de CNews, le gendarme de l'audiovisuel a prononcé près d'une centaine de rappels à l'ordre contre les quatre chaînes d'information en continu, d'après un décompte réalisé par "Complément d'enquête" et franceinfo. Celle du groupe Bolloré totalise 49 rappels à l'ordre depuis sa création, dont onze mises en garde et six mises en demeure, d'après les communiqués publiés en ligne. Elle est d'ailleurs la seule à avoir déjà été sanctionnée financièrement. Loin de ces records, Franceinfo comptabilise six rappels à l'ordre, dont cinq interventions et une mise en garde.
Mais la rédaction pilotée par Muriel Pleynet pourrait se retrouver de nouveau dans le collimateur de l'Arcom après la saisine du recteur de la Grande mosquée de Paris à la suite des propos polémiques de Nathalie Saint-Cricq. L'éditorialiste avait établi à l'antenne d'"Autrement dit" un lien entre antisémétisme et vote musulman, laissant entendre que ces derniers son inspirés par la haine des juifs. Un raccourci qui avait choqué la sphère politique comme le responsable religieux. La concernée s'est depuis excusée pour son manque de clarté.

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