Après la patronne de France Télévisions Delphine Ernotte-Cunci et la directrice de Radio France Sibyle Veil, ce sont Patrick Cohen et Thomas Legrand qui ont été auditionnés, le 18 décembre, dans le cadre de la commission d'enquête sur la neutralité du service public. Au cœur de leurs échanges avec les représentants de l'Assemblée nationale en la personne, notamment, du député UDR Charles Alloncle, missionné rapporteur, la vidéo publiée l'été dernier par le média conservateur "L'Incorrect", dans laquelle on voit les deux journalistes filmés, à leur insu, en compagnie de deux cadres du Parti socialiste dans un restaurant. "On fait ce qu'il faut pour [Rachida] Dati, Patrick (Cohen) et moi", avait alors lancé Thomas Legrand aux deux socialistes, dans le cadre de l'évocation des stratégies de la gauche aux prochaines élections.
Interrogé jeudi 18 décembre, Thomas Legrand s'est défendu au sujet de ces images, dont Sibyle Veil, patronne de Radio France, disait hier qu'elles avaient été "manipulées" pour faire croire à une partialité politique du service public. "Je vais devoir répondre à vos questions s'agissant d'extraits volés, montés, diffusés illégalement. Trois minutes rendues publiques en dehors de toute éthique journalistique, a débuté Thomas Legrand. Je vous invite, mesdames et messieurs les députés, à vous remémorer votre dernier café avec des journalistes et à vous demander ce qu'aurait pu donner le fait qu'il soit filmé à votre insu et monté avec une intention de nuire avant d'être livré à une chaîne de télévision qui en fera ses choux gras pendant plusieurs jours." Selon Thomas Legrand, la fameuse phrase où il évoque Rachida Dati face aux deux cadres du Parti socialiste est tronquée et choquante, "parce qu'elle est montée, parce qu'elle est sortie de son contexte." Quand au bout de phrase "On fait ce qu'il faut", Thomas Legrand assure devant la commission qu'il fallait comprendre : "On s'en occupe journalistiquement".
Comme Sibyle Veil la veille, Thomas Legrand ne considère pas les propos tenus dans cette vidéo comme une faute. Au député Charles Alloncle, il lance : "Vous voulez que je fasse une autocritique à la soviétique ? Non, je ne regrette pas d'avoir prononcé ces propos. La seule chose que je regrette, c'est qu'ils aient été filmés et qu'ils aient été montés, voilà." Le journaliste, qui n'intervenait plus qu'occasionnellement sur France Inter au moment où les images avaient été diffusées par "L'Incorrect" et était principalement éditorialiste pour "Libération", est également revenu sur son échange récent, dans un café, avec son ancienne patronne de France Inter Laurence Bloch. "Notre discussion a été enregistrée à notre insu, a-t-il regretté au sujet d'un simple "rendez-vous privé entre deux amis". "Nous sommes entrés en France dans l'ère du "trumpisme"", a-t-il ajouté, dénonçant un acte d'"espionnage".

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