Ambiance tendue mercredi 17 décembre pendant la commission d'enquête de l'audiovisuel public. Créée le 28 octobre 2025, cette commission présidée par le député Horizons et indépendants Jérémie Patrier-Leitus, et dont la mission de rapporteur a été confiée au député UDR Charles Alloncle, vise à examiner la neutralité, le financement et le fonctionnement de l'audiovisuel public. Après Delphine Ernotte-Cunci, la patronne de France Télévisions la semaine dernière, c'était au tour de Sibyle Veil, présidente de Radio France, de répondre aux questions de la commission.
Parmi les sujets sur lesquels est revenue la dirigeante : l'affaire Patrick Cohen/Thomas Legrand. En septembre, une vidéo, publiée par le média conservateur L'Incorrect, montrait les deux journalistes, filmés à leur insu dans un restaurant parisien, en plein discussion avec deux cadres du Parti socialiste. Évoquant les stratégies de la gauche aux prochaines élections, Thomas Legrand avait lancé : "Nous on fait ce qu'il faut pour [Rachida] Dati, Patrick [Cohen] et moi." Une séquence qui avait valu aux journalistes des accusations de connivence avec le parti d'Olivier Faure et de dénigrement à l'encontre de l'actuelle Ministre de la culture. "On a fait dire beaucoup de choses à cette vidéo, mais le soupçon de complot politique [...] ne tient pas", a martelé Sibyle Veil devant la commission, après avoir reconnu de la part de Thomas Legrand des propos "problématiques". Pour la patronne de Radio France il s'agit surtout d'une "maladresse", d'une "fanfaronnade", et surtout de propos qui n'ont pas été tenus pas été tenus "au nom de Radio France ou de France Inter". "Je regrette très fortement la violence et la virulence des attaques qui se sont abattues sur l'audiovisuel public et qui ont même conduit à l'existence de cette commission, a ajouté Sibyle Veil, qui a précisé qu'à l'époque de la vidéo de L'Incorrect, Thomas Legrand avait démissionné de France Inter et était depuis éditorialiste politique à Libération, n'intervenant qu'à ce titre et au rythme de quelques minutes par semaine sur la station publique. Pour Sibyle Veil, cette vidéo a été "instrumentalisée" pour dénoncer une supposée partialité de l'audiovisuel public.
Interrogée par Charles Alloncle sur une rencontre récente entre Thomas Legrand et Laurence Bloch, l'ancienne directrice de France Inter, Sibyle Veil a rétorqué : "Je ne sais pas ce qu’ils se sont dit. Je n’étais pas à la terrasse du café. Je conseillerais volontiers à Monsieur Legrand d’arrêter d’aller dans les cafés puisqu’il doit y être enregistré." Et d'ajouter : "Je m’étonne qu’on ne puisse plus, entre anciens collègues, se retrouver dans un café sans que ces discussions soient rapportées dans la presse. Cela me fait penser à la RDA, où tout le monde était sous écoute. C'est un peu le film "La vie des autres"". Dans ce contexte tendu, le rapporteur, qui a durant cette même audition qualifié sur les réseaux sociaux l'affaire Cohen/Legrand de "possible détournement de fonds publics à des fins électorales", avait été rappelé à l'ordre quelques heures plus tôt par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Cette dernière lui a demandé "de revenir à un respect de nos règles et de nos usages de telle sorte que la crédibilité de la commission d’enquête ne soit pas remise en cause". La patronne de France Inter Adèle Van Reeth et les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen seront à leur tour entendus par la commission ce 18 décembre.

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