Thomas Legrand et Patrick Cohen ont rendez-vous jeudi devant la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Les deux journalistes doivent répondre aux questions de cette assemblée sur les éventuelles dérives de Radio France. Tous les deux ont été accusés, en septembre, de connivence avec le Parti socialiste, après la diffusion par le magazine d’extrême droite "L’Incorrect" d’une vidéo les montrant dans un restaurant avec deux de ses responsables. Si Patrick Cohen continue de poursuivre ses activités à l'antenne, son comparse a arrêté son émission hebdomadaire, n'intervenant que ponctuellement sur France Inter en tant que chroniqueur de "Libération". Mais, selon des informations d'Europe 1, l'éditorialiste politique se serait entretenu en privé avec l'ancienne directrice de la station, Laurence Bloch, qui aurait tenté de le persuader de quitter le groupe avant son audition.
L'entrevue aurait eu lieu dans un café parisien la semaine dernière à l'initiative de l'ex-patronne de France Inter (2014-2022), qui aurait prodigué des conseils précis à Thomas Legrand pour l'épreuve à venir. "Laisse-le (Patrick Cohen, ndlr) s’attaquer à l’extrême droite, toi n’y vas pas, ne fais pas d’attaque ad hominem contre le Rassemblement national", lui aurait-elle notamment suggéré. "Insiste plutôt sur l’instrumentalisation, et surtout, souviens-toi, le plus important, c’est de défendre la maison", aurait ajouté celle qui lui aurait personnellement demandé de rompre toute collaboration avec la station afin de "protéger la radio". Europe 1 martèle que Radio France négocierait en ce moment avec l’avocat du journaliste afin de parvenir rapidement à un accord avant son passage devant la commission. L’objectif : lui permettre de ne plus être interrogé en tant que collaborateur du groupe public.
Mais, ces affirmations seraient totalement fausses, selon le principal concerné. Dans un message partagé sur X, Thomas Legrand a nié en bloc tout le contenu de l'article publié par la radio contrôlée par le groupe Bolloré. "Je démens tout ce que cet article tiré de l'espionnage d'un rdv privé me fait dire. Il y aura des suites judiciaires", a souligné l'ex-incarnant de "En quête de politique", révélant son intention d'attaquer Europe 1 devant les tribunaux. Le but de la station serait de "tout brouiller avant mon audition par la Commission parlementaire", explique-t-il, en ajoutant les mots "barbouzerie" et "caricature du journalisme" à cette offensive frontale de la "Bollosphère".
Outre la préparation de sa rupture forcée avec France Inter, le papier d'Europe 1 fait état d'un autre sujet évoqué durant cet échange censé être tenu secret. Thomas Legrand se serait montré fébrile lorsqu'est arrivé dans la discussion le thème de la vidéo publiée par le média "L’Incorrect". Une vidéo jugée "embarrassante" pour l'ancien visage de RTL. Sa première crainte porte sur le passage où il décrit les auditeurs de la station de France Inter comme "des bobos parisiens" qu’il prétend convaincre de voter à gauche. "C’est le plus chaud pour moi, car je reconnais qu’il existe un entre-soi parisien", aurait-il confié à son interlocutrice.
Enfin, il aurait reconnu que sa phrase prononcée à l'adresse de Rachida Dati serait de l'ordre de "la maladresse". Laurence Bloch lui aurait déconseillé d’utiliser ce terme lors de son audition, condamnant fermement ses propos sur le fond : "Quand je t’entends dire, Dati, on s’en occupe. Désolée, mais moi en tant que citoyenne, ça me choque…". Interrogée par Europe 1, cette dernière affirme ne pas avoir été mandatée par France Inter ni par Radio France, affirmant que cet entretien privé provenait d’une initiative strictement personnelle.

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