Knysna, six lettres qui ont longtemps hanté le sport français et sa sélection de football. Le vilain souvenir de ce fiasco en Afrique du Sud a été exhumé par un documentaire "Le bus : les Bleus en grève", mis en ligne sur Netflix le 13 mai et qui provoque des remous. Dans ce film de 81 minutes, des protagonistes de cet épisode peu glorieux, sélectionneur, joueurs, staff et journalistes, éclairent de leur témoignage cette crise accentuée par la Une de "L’Équipe" au titre provocateur : "Va te faire enculé, sale fils de pute". Ces mots auraient été prononcés par Nicolas Anelka à son sélectionneur Raymond Domenech, à la mi-temps du match France-Mexique, et rapportés aux journalistes.
À l’époque rédacteur en chef adjoint de la rubrique foot du quotidien, Sébastien Tarrago a donné son aval à la rédaction pour relater ce clash dans le vestiaire. Un article qui va entraîner la mise à l’écart de l’attaquant puis le refus des joueurs de s’entraîner pour protester contre cette décision de la Fédération. Des années plus tard, le journaliste paie toujours les conséquences de son choix éditorial.
"Chaque fois qu'on parle de Knynsa, je me fais menacer, insulter, jusqu'à ce qu'on veuille donner mon adresse", déplore-t-il dans "L’Équipe du soir", jeudi dernier. Il a poursuivi en s’exonérant des faits et expliquant "que ça fait 16 ans qu’il en prend plein la gueule" alors qu’il n’a ni écrit l’article, ni participé à la titraille de la une. Sébastien Tarrago a néanmoins accepté de figurer dans le documentaire, après avoir "dit non 25 fois", notamment pour "dire des choses agréables" sur Raymond Domenech. "Et qui n'ont pas été retenues", regrette celui qui concède une responsabilité dans la cabale menée contre le capitaine d'un navire à la dérive en ayant rédigé des "editos durs et terribles sur lui". "Ça me fait de la peine qu'il ait été malheureux à la suite de ce film", confie-t-il, espérant ne pas avoir participé, à travers ses déclarations, au désarroi de l'ancien coach des Bleus "meurtri et trahi" par ce qu'il qualifie de "poubelle haineuse".
Par ailleurs, le journaliste a raconté avoir échangé avec Estelle Denis, un temps présentatrice sur la chaîne L'Equipe et ex-compagne du technicien tricolore, pour savoir si elle allait témoigner dans la production de Netflix. "Au bout de dix minutes, elle avait les yeux qui pétillaient. Moi aussi. Et c'était quinze ans après", a-t-il rembobiné pour signifier que cette période "douloureuse" a été vécue comme un enfer par tous ceux qui ont été mêlés de près ou de loin à cette affaire. Lui-même a vu sa santé mentale vaciller, alors que jamais "personne ne lui a demandé si lui allait bien pendant cette période, pas même ses patrons". Puremedias vous propose de découvrir cette séquence dans la vidéo ci-dessus.
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Au contraire de Raymond Domenech, furax contre le traitement "sensationnaliste" du documentaire, le reporter foot ne s'est pas exprimé sur le contenu du récit construit comme un thriller. "Cela devait être le documentaire de l'explication. Ce fut un réquisitoire extraordinairement violent contre ma personne", a écrit l'ex-patron des Bleus dans un communiqué incendiaire, affirmant que c'est un "un film totalement à charge et d'une partialité nauséabonde". Il assure aussi que "la production du film n'a pas tenu ses engagements" alors que sa participation était conditionnée, dit-il, à "un droit de regard sur tout", ce qui lui a été refusé "avec la plus grande malhonnêteté".

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