Seize ans après, le fiasco de Knysna n'est pas digéré. Et la mise en ligne sur Netflix du documentaire "Le bus, les Bleus en grève" n'a pas apaisé les tensions nées de cet épisode peu glorieux dans l'histoire de l'équipe de France. Dans ce film de 79 minutes, une partie du journal intime de Raymond Domenech, sélectionneur tricolore de l'époque, y est dévoilée. On y découvre pêle-mêle un coach qui n'a aucune retenue quand il s'agit de critiquer, parfois d'insulter, les joueurs qu'il a lui-même choisis. Ce jeudi 14 mai, l'intéressé s'est emporté dans une lettre partagée sur le réseau social X contre la production de cette lecture des événements, la qualifiant de "réquisitoire extraordinairement violent contre ma personne" et de "film totalement à charge", d'une "partialité nauséabonde".
"Ce qui se voulait être une thérapie est devenu une poubelle haineuse", résume l'ex-compagnon d'Estelle Denis, alors que le film a connu un changement de réalisateur en cours de fabrication, pour aboutir à un rendu jugé "sensationnaliste et qui n'a d'autre vocation que de remuer la merde pour faire de l'audimat". Ce récit construit comme un thriller retrace la lente décomposition des Bleus à partir de l’échec en finale de la Coupe du monde 2006 face à l’Italie. Elle met surtout en perspective la descente aux enfers de son sélectionneur, dépassé par les événements et conspué par tous, y compris ses protégés. Un homme qui intervient lui-même dans le documentaire mais qui assure dans son communiqué qu'il n'aurait jamais validé une telle version s'il avait été consulté.
"Je suis meurtri et trahi : cela raisonne comme un viol de mon âme", résume-t-il, furieux du non-respect des engagements des équipes du film. "Nous avions décidé, en condition sine qua non de ma participation, que je disposerai d’un droit de regard sur tout, peut-on lire dans le communiqué. Cela m’a été refusé in fine en toute impunité et avec la plus grande malhonnêteté", dénonce le consultant sur L'Equipe TV dans cette lettre incendiaire. Quant à ces fameuses notes, griffonnées sur son carnet de bord, "elles n’auraient jamais dû être publiées telles quelles", selon celui qui n'est jamais amené à les commenter dans les images proposées par Netflix.
"Je peux être frondeur parfois, provocateur souvent, mais je ne suis ni irrespectueux, ni méchant, ni arrogant. Je tiens à me désolidariser de toutes mes forces de ce documentaire dont la vulgarité et le sensationnalisme n'ont d'égal que son absence de déontologie. Il n'honore ni le football, ni le journalisme", conclut l'ancien coach des Bleus en colère.
La veille, c'est Franck Ribéry, autre protagoniste de l'un des flops les plus retentissants de l'histoire du sport français, qui s'était emparé des réseaux sociaux pour partager son sentiment. L'ancien attaquant tricolore est indirectement désigné dans le documentaire par Raymond Domenech comme "la taupe" du clash entre le sélectionneur et Nicolas Anelka à la mi-temps de France-Mexique. "Mamamiaaa Domenech. Je t’aime beaucoup. Juste… je garde la vraie histoire pour plus tard", a écrit le désormais retraité des terrains, non sans ironie, teasant une future prise de parole. De quoi encore plus semer le doute sur le fin mot de ce triste spectacle.

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