La commission d’enquête sur l'orientation et le financement du service public est sur toutes les lèvres. Depuis plusieurs semaines, les personnalités du groupe audiovisuel présidé par Delphine Ernotte se succèdent à l’Assemblée nationale pour répondre aux questions des membres de cette commission, dont le rapporteur UDR Charles Alloncle, aux interventions parfois dûment reprochées. Sont attendus à la barre ces prochains jours, après la trêve des fêtes de fin d’année, Léa Salamé, Laurent Delahousse, Nathalie Saint-Cricq ou encore le patron du service des sports, Laurent-Éric Le Lay. En revanche, Michel Drucker, figure historique de France Télévisions, n'a pas été annoncé parmi les futurs auditionnés. Pas encore entendu sur cette affaire, l'animateur aux 60 ans de carrière s'est exprimé au micro du "Buzz TV", délocalisé pour les festivités des 200 ans du "Figaro" au Grand Palais à Paris.
"Ça me met un petit peu mal à l’aise, le ton qui est employé là-dedans", déplore Michel Drucker. Et de développer sa position : "C’est très compliqué ce qu’on demande à France Télévisions, c’est un travail gigantesque. Je ne sais pas ce que ça va donner. C’est compliqué parce qu’il y a un ton un peu inquisiteur qui me gêne". Il n'est pas le seul visage phare de France TV à taper sur les doigts de cette commission et notamment de son rapporteur, le député ciottiste de l'Hérault Charles Alloncle.
Nagui s'est en effet payé l'élu politique, coupable de lui avoir brossé un portrait peu flatteur sur les réseaux sociaux. "Pourquoi me jeter en pâture à la vindicte populaire, avec des formules dites au conditionnel ? [...] Serait-ce (encore du conditionnel) une volonté de déclencher l'ire populiste, vu le nombre de messages de haines reçus que vos déclarations ont engendrés ? Si tel est le cas, je vous proposerais (que de conditionnel décidément), de nous retrouver face à un tribunal, non plus celui des réseaux sociaux, ni celui des médias d'opinion, non, un tribunal, un vrai", l'a invité le chef d'orchestre de "N'oubliez pas les paroles".
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Dès lors, quelle(s) solution(s) apportée(s) au sortir de ces auditions sous tension ? S'il ne ferme pas totalement la porte à l’hypothèse d’une privatisation, Michel Drucker reste persuadé de la nécessité d'un "service public fort". Le présentateur de "Vivement dimanche" soutient : "On ne peut pas imaginer qu’il n’y ait pas un service public fort face au privé mais ça va sans doute beaucoup évoluer". Lui-même a fait le constat de cette évolution durant ces cinq décennies devant les caméras de France Télévisions. "Je dois toute ma carrière au service public. Ça fait 63 ans que je fais de la télévision dont presque 58 sur le service public, je n’aurais jamais fait ce parcours si je n’y avais pas été. Et il y a des choses que seul lui peut proposer comme le Tour de France, les Jeux Olympiques, Roland-Garros ou certaines fictions", estime le féru de sport et de bicyclette.

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