La commission d'enquête sur l'audiovisuel public a suspendu ses travaux pendant la trêve des confiseurs. Mais les hostilités de ces auditions démarrées le 25 novembre dernier se sont achevées par une dernière missive lancée par Sibyle Veil. D'après les informations rapportées par "Le Parisien", la patronne de Radio France a envoyé un courrier officiel au bureau de cette commission pour se plaindre des publications sur le réseau social X du rapporteur de la commission d’enquête, le député UDR Charles Alloncle. "Il me paraît essentiel que les propos tenus dans le cadre de ces auditions soient relayés avec exactitude afin de ne pas altérer la compréhension de nos concitoyens sur ce qu’il s’y dit", écrit la dirigeante, entendue par l'Assemblée Nationale mercredi dernier. Dans ce texte envoyé à une dizaine d’élus (président, rapporteur, vice-présidents, secrétaires), et que le quotidien a pu consulter, elle pointe du doigt "plusieurs déformations publiques" constatées sur le compte X du parlementaire de l’Hérault.
La dirigeante s'étonne notamment que certains posts aient été publiés "en cours d’audition", et contiennent des "affirmations fausses". Des posts relatifs au nombre de semaines de vacances des salariés de son entreprise ou encore aux conditions du licenciement du journaliste Jean-François Achilli. Elle se dit aussi "interpellée" par un message de Charles Alloncle sur le même réseau social, partagé le 17 décembre. Le député y a souligné une vraie incohérence : "Lors de son audition, Sibyle Veil, présidente de Radio France, a qualifié l’affaire Patrick Cohen/Thomas Legrand de simple 'maladresse'. Les faits sont pourtant d’une extrême gravité : il s’agit, je le rappelle, d’un possible détournement de fonds publics à des fins électorales". La concernée fulmine contre cette interprétation et fait mention d'accusations "d’une extrême gravité" qui ne sont "étayées par aucun fait" dans sa lettre. "Je m’interroge sur ce procédé alors qu’aucun échange en commission ne s’est tenu sur cette accusation pourtant grave", conclut-elle.
Dans une interview accordée à France Inter, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait affirmé être "en train de rappeler à l’ordre le rapporteur" de la commission d’enquête sur le respect des "règles" et des "usages" de la chambre, notamment sur les publications en direct sur les auditions des députés. Un recadrage qui avait irrité la cible de cette remontrance. "La transparence et la diffusion de nos travaux sont indispensables pour garantir l’information des Français et le bon fonctionnement de la démocratie. C’est la première fois qu’un tel traitement est réservé à un député rapporteur d’une commission d’enquête", avait rétorqué Charles Alloncle, déterminé à mener sa "mission jusqu’au bout, sans faillir et sans céder à la moindre intimidation".
Contacté par "Le Parisien", ce dernier assure ignorer de quelles désinformations parle Sibyle Veil dans son courrier. "Mon équipe se contente de poster les questions et réponses en temps réel lors des auditions", a-t-il répondu au reporter du journal. La radio du service public n'a, elle, pas souhaité effectuer de commentaires sur un dossier qui reprendra son cours début janvier pour un rapport final attendu d’ici début avril.

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