C'était ce samedi 6 décembre. Alors qu'Ary Abittan se produisait sur la scène des Folies Bergères à Paris avec son spectacle "Authentique", quatre militantes du collectif féministe NousToutes ont interrompu la soirée. Les visages recouverts d'un masque représentant le comédien et accompagné de la mention "violeur", les quatre femmes ont scandé les mots "Abittan violeur" avant de se faire "sortir violemment de la salle par des spectateurs et la sécurité", a relaté le collectif lundi 8 décembre. "Elles ont été bousculées et ont reçu des coups au visage. Nous dénonçons la vaste communication visant à positionner [Ary Abittan] comme une personne traumatisée tout en humiliant et méprisant la victime". Le comédien de 51 ans avait été accusé de viol fin 2021 par une femme qu'il fréquentait depuis quelques semaines : l'instruction avait abouti à un non-lieu, confirmé par la Cour d'appel de Paris le 30 janvier, en l'absence "d'indices graves ou concordants".
Dimanche 7 décembre, Ary Abittan donnait une nouvelle représentation de son spectacle aux Folies Bergères, une soirée à laquelle a assisté l'épouse du président de la République, Brigitte Macron, et sa fille Tiphaine Auzière. Avant le spectacle, la première dame est venue s'entretenir avec le comédien, une séquence captée par une caméra du magazine "Public". On y entend Ary Abittan expliquer avoir "peur" pour cette nouvelle soirée après l'action des militantes de NousToutes la veille, et Brigitte Macron répondre en riant :" S'il y a des sales connes on va les foutre dehors. Surtout des bandits masqués." Une vidéo relayée ensuite sur les réseaux sociaux et le site du magazine people, et qui a provoqué un tollé.
"Nous sommes profondément choquées et scandalisées. Les mots utilisés en disent long sur sa vision des choses, le message politique est extrêmement choquant", a analysé une des militantes de NousToutes ayant interrompu le spectacle du 6 décembre à l'AFP. "C'est un crachat de plus sur les victimes et les associations féministes". Dans la foulée, le collectif a republié cette vidéo, accompagnée du hashtag #salesconnes, rapidement devenu viral. "Moi aussi je suis une sale conne. Et je soutiens tous.tes les autres", a notamment écrit la comédienne Judith Godrèche sur Instagram en réaction aux paroles de Brigitte Macron. Sollicité par l'AFP, l'entourage de la première dame assure qu'il ne fallait "voir dans cet échange qu'une critique de la méthode radicale employée par ceux qui ont perturbé, masqués, le spectacle d'Ary Abittan samedi soir pour empêcher que l'artiste se produise sur scène." Le site de "Public" a depuis quelques heures supprimé la fameuse vidéo, qui avait auparavant été relayée à de très nombreuses reprises sur les réseaux sociaux.

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