François Bayrou joue la carte du désendettement de la France et se heurte à la censure. Le chef du gouvernement a présenté, pendant deux heures ce mardi 15 juillet 2025, les orientations budgétaires de la France pour l'année 2026. Quel écho ce discours annonciateur d'une cure budgétaire draconienne de 43,8 milliards d'euros pour 2026 a-t-il rencontré auprès des téléspectateurs ?
BFMTV, CNews, LCI et Franceinfo ont consacré, ce mardi, une très large couverture au discours du Premier ministre intervenu entre 16h01 et 17h16. La première a été – et de loin – la plus fédératrice. Dans la tranche horaire indiquée, 633.000 téléspectateurs se sont branchés sur le canal 13, ce qui représente plus d'un téléspectateur sur dix présent devant sa télévision (10,7% de part d'audience). Sur la cible des 25-49 ans, la part de marché de BFMTV dans ce créneau atteint 15,2%. Un excellent score. L'intérêt des téléspectateurs ne s'est pas démenti durant la prise de parole des ministres qui a suivi. Avant les questions des journalistes, sont intervenus, dans l'ordre, Éric Lombard (Économie, Finances et Souveraineté industrielle et numérique), Amélie de Montchalin (Comptes publics), Catherine Vautrin (Travail, Santé, Solidarités et Famille), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail et Emploi), François Rebsamen (Aménagement du territoire et Décentralisation). Entre 17h16 et 18h07, cette séquence a intéressé 685.000 téléspectateurs, soit 9,8% du public âgé de quatre ans et plus et 13,6% des 25-49 ans.
Derrière BFMTV, c'est LCI – et non CNews – qui apparaît à la deuxième position. La chaîne info du groupe TF1, qui a retransmis comme BFMTV l'intégralité de la conférence de presse, a fédéré 407.000 téléspectateurs, soit 6,9% du public (5,1% des 25-49 ans) entre 16h01 et 17h16 puis 471.000 téléspectateurs et 6,8% du public (4,4% des 25-49 ans) entre 17h16 et 18h07. Ces scores valident le nouveau positionnement de LCI, qui fait désormais de la politique l'un des trois piliers de sa ligne éditoriale avec l'économie et l'international, thématique privilégiée depuis l'éclatement de la guerre en Ukraine en février 2022.
Reléguée sur la troisième marche du podium, CNews, elle, a été suivie par 326.000 téléspectateurs durant l'intervention de François Bayrou, soit 5,5% des 4+ et 2,3% des 25-49 ans. Le débat en plateau qui a suivi l'intervention de François Bayrou – autre stratégie éditoriale que ses concurrentes privées – a été écouté par 338.000 téléspectateurs entre 17h16 et 18h07, soit 4,8% du public et 3,9% des 25-49 ans. Derrière, Franceinfo – qui a adopté le même positionnement que CNews en coupant le signal avant le discours des ministres – ferme la marche : le canal 16 a pu compter sur l'attention de 182.000 puis 167.000 téléspectateurs sur les deux tranches indiquées plus haut. Ce qui représente respectivement 3,1% et 2,4% du public. Sur les 25-49 ans, les parts de marché atteignent 1,9% et 2,0%.
Sur les quatre chaînes info, 1,55 million de téléspectateurs ont donc pris soin d'écouter François Bayrou entre 16h01 et 17h16, soit 26,2% des 4 ans et plus et 24,5% des 25-49 ans.
Sur l'ensemble de la journée, les quatre chaînes info sont dynamiques. BFMTV (4,2%), deuxième chaîne info en temps normal, remporte la mise ce mardi. La chaîne du groupe CMA CGM signe sa meilleure performance sur un jour depuis le jeudi 8 mai 2025 (4,8%). CNews (4,0%) est en embuscade, à un haut niveau. LCI (3,1%), elle, dépasse les 3 points de part d'audience. Cela ne s'était plus produit depuis le lundi 23 juin 2025 (3,2%). Franceinfo (1,4%), enfin, égale son record de saison atteint une première fois le samedi 14 juin 2025.
Afin de "dire stop à la dette" – l'ambition est de ramener le déficit à 4,6% du PIB en 2026 (contre 5,8% en 2025) – et "en avant la production", le Premier ministre a ainsi ouvert la voie, parmi les mesures les plus spectaculaires, à la suppression de deux jours fériés pour les travailleurs – le lundi de Pâques et le 8-Mai – et à "une simplification" du monde du travail par "ordonnances". Une voie de passage déjà utilisée par Emmanuel Macron à son arrivée à l'Élysée en 2017.
François Bayrou a aussi décidé d'une "année blanche" pour toutes les prestations sociales, y compris les pensions de retraite, c'est-à-dire qu'elles seront gelées sans revalorisation au rythme de l'inflation. Même gel pour les barèmes de l'impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée. L'abattement de 10% pour frais professionnels dont bénéficient actuellement les retraités pour l'impôt sur le revenu sera remplacé par un forfait de 2.000 euros, a indiqué le ministre de l'Économie Eric Lombard.

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