Michel Field, en 2025.© BestImage
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Quelques heures seulement après la publication du rapport fait au nom de la Commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, tôt ce matin du mardi 5 mai 2026 sur le site de l'Assemblé nationale, de nombreux visages des médias ont fait part de leur scepticisme à la lecture des solutions apportées pour "sauver" France Télévisions. Pendant près de 400 pages, le parlementaire d'extrême droite Charles Alloncle formule plusieurs recommandations pour que le groupe dirigé par Delphine Ernotte-Cunci puisse réaliser un milliard d'euros d'économies.
Parmi elles, la fusion de France 2 et France 5 "pour créer une grande chaîne généraliste de premier plan", la réduction des trois quarts du budget alloué aux émissions de jeux et la suppression de France 4. Des propositions choc qui ont fait bondir Michel Field, directeur de France 5 en 2015 avant de devenir directeur général de l'information de France Télévisions puis chef du pôle Culture et Spectacle vivant du groupe, qu'il a quitté le 31 décembre 2025. "Les conclusions du rapport de Charles Alloncle sont consternantes", a-t-il écrit sur son compte X, anciennement Twitter, à 8h17 le jour même. Selon lui, "supprimer France 4 serait porter un coup fatal au secteur si performant de l’animation jeunesse et à tout l’écosystème du spectacle vivant : théâtre, concerts, opéra, humour", argumente-t-il. Puis de conclure : "Chaque soir, où les voir sinon sur France Télévisions ?".
Plus tôt, la dirigeante du groupe audiovisuel avait elle aussi sévèrement critiqué ce texte et en particulier, l'arrêt de France 5 et France 4. "Supprimer des chaînes, ce n'est pas simplement réorganiser une grille, avait-elle plaidé sur ses réseaux sociaux. C'est retirer du paysage audiovisuel français des milliers d'heures de programmes." La fin de France 5 "serait une perte immense pour le savoir, le décryptage, le documentaire, la connaissance et le débat", jugeait-elle. Quant à la suppression de France 4, il s'agirait d'"une perte pour la jeunesse et l'accès à la culture pour tous". Puis de conclure : "La commission d'enquête a fait deux constats : nous devons rester populaires et plus tournés vers la jeunesse. Le rapport renonce à ces deux ambitions."

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