Caroline Roux : "J'aspire à devenir une journaliste plus généraliste"

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Caroline Roux : "J'aspire à devenir une journaliste plus généraliste"
Caroline Roux
Caroline Roux © Christophe Guibbaud / Capa Pictures / Europe 1
La journaliste de France 5 et d'Europe 1 a répondu aux questions de puremedias.com.

Contrairement à Alex Taylor ou Raphaël Enthoven, Caroline Roux n'est pas une nouvelle voix d'Europe 1. Elle fait pourtat partie des visages que la station met en avant en cette rentrée. Car la journaliste a un nouveau rôle : elle propose désormais chaque matin l'interview qui clot la matinale de Thomas Sotto. Rencontre.

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Propos recueillis par Benoît Daragon.

puremedias.com : Catherine Deneuve, Benoît Poelvoorde, Thierry Oquidam, l'informaticien qui a conçu la main en 3D, l'écrivain Christine Angot, ou une rescapée de "Charlie Hebdo" : tous ont été les invités de votre "interview découvertes" depuis la semaine dernière. Quelle est la ligne éditoriale de ce nouveau rendez-vous ?
Caroline Roux : On veut chaque matin une "personnalité remarquable". Peu importe qu'elle soit connue ou non. On ne s'oblige pas à faire de la promo car ce qui m'intéresse, ce sont les parcours de mes invités. Après, je ne vous raconte pas d'histoire : on va peaufiner la ligne éditoriale au fur et à mesure car c'est un nouveau rendez-vous. On va voir à l'usage ce qui marche, ce qu'on s'interdit de faire, etc.

Vous traiterez surtout des sujets "magazine" ?
Oui, on veut sortir de l'actualité qui est très traitée dans le reste de la matinale. A 8h50, il faut ouvrir le spectre. On veut pouvoir revenir sur une personnalité qui a été au coeur d'une actualité déjà passée mais qui a été peu médiatisée. Cela permet d'offrir un nouvel angle, avec un regard de biais. Dans le contenu de l'interview, ce que je veux essayer de faire, c'est choisir une approche : avec Benoît Poelvoorde on a parlé de sa vision des religions, ça me semblait intéressant.

"On ne se marchera pas sur les pieds avec Jean-Pierre Elkabbach"

Il y avait déjà deux interviews dans la matinale d'Europe 1 : celle de Jean-Pierre Elkabbach et celle de Thomas Sotto. Comment vous distinguerez-vous ?
On s'est reparti les rôles et je pense qu'on ne se marchera pas sur les pieds. Jean-Pierre Elkabbach fait de la politique. C'est son créneau depuis des années et il le fait très bien. Thomas Sotto a une interview totalement basée sur l'actualité. Ce sont deux territoires sur lesquels je n'irai jamais. Moi, ce sont des portraits plus à la marge. Une ouverture sur des talents ou des parcours. On va les choisir et pas prendre les vedettes les plus illustres en promo. Je vais aussi fonctionner à l'envie, en fonction de mes coups de coeur.

Ce positionnement est une façon de couper court à toute comparaison avec l'interview de Léa Salamé sur une radio concurrente ?
Elle fait une interview dans l'actualité qui ressemble plus à celle que fait Thomas Sotto chez nous. Donc si on nous compare, c'est juste parce que nous sommes deux femmes qui faisons une interview dans une matinale radio. Mais franchement, on ne fait pas le même exercice elle et moi.

"Présenter 'C dans l'air' m'a permis d'élargir mon spectre"

On est surpris de vous voir arrêter votre billet politique alors que se présente une séquence politique importante avec les élections régionales, les primaires à droite puis la présidentielle de 2017...
Je l'avais déjà fait en 2005 en quittant le service politique d'Europe 1 pour rejoindre Maïtena Biraben dans "Nous ne sommes pas des anges". Là, c'est de nouveau moi qui avais envie de changement. Car l'exercice que je faisais, les carnets politiques, c'est extrêmement exigeant et très anxiogène. A la rentrée dernière, j'avais prévenu Fabien Namias (le patron de la station, ndlr) que je ne ferais pas une saison supplémentaire. Car présenter "C dans l'air" tous les vendredis et pendant les vacances d'Yves Calvi m'a permis d'élargir mon spectre. Je me suis intéressée à d'autres thématiques et j'avais envie de me nourrir avec d'autres sujets. Aujourd'hui, j'aspire à devenir une journaliste plus généraliste. C'est pour ça que Fabien Namias m'a proposé ce nouveau rendez-vous, plus en adéquation avec ce que je veux faire aujourd'hui. Et c'était une proposition irrefusable.

Donc vous vouliez arrêter la politique !
Non, je continue la politique puisque je présente tous les dimanches "C politique" sur France 5 ! Je voulais juste sortir du microcosme politique, même si j'adore lire ces trucs-là et que j'adore le faire. J'aime la politique. Et à 18 mois d'une présidentielle qui s'annonce passionnante, je n'ai vraiment pas envie d'arrêter. J'aime bien l'hystérie des périodes d'élection. Je n'aurais pas arrêté ma chronique d'Europe 1 si je n'avais pas eu "C politique". Je suis heureuse de reprendre dimanche, avec Jean-Luc Mélenchon comme invité.

"Je m'interroge sur la meilleure façon de couvrir la politique aujourd'hui"

Vous n'allez pas être frustrée de ne plus la suivre au quotidien ?
Non. Je ne lâche rien de la politique. C'est mon socle et j'ai toujours de l'appétit pour ça. Quand il se passe une crise politique, comme la semaine dernière avec les Verts, je continue à passer des coups de fil ! Mais "C dans l'air" permet de parler de politique mais en évoquant les sujets de société. Je m'interroge aussi sur la meilleure façon de couvrir la politique aujourd'hui. Je ne suis pas sûr que l'analyse des petites phrases soit ce qui plait le plus aux auditeurs aujourd'hui...

Vous n'avez pas peur que Nicolas Canteloup, qui a l'art d'improviser, n'empiète trop sur votre interview ?
Non, je n'ai même pas pensé à ça ! Nicolas Canteloup est quelqu'un de respectueux. C'est méconnaitre le travail en radio de croire que Nicolas Canteloup déborde de son temps imparti, même s'il fait croire le contraire pour amuser. Il me fait rire et je suis contente d'être après lui car ça lance l'interview avec une énergie et une ambiance détendue.

Europe 1 vous met beaucoup en avant en cette rentrée. C'est parce que vous êtes une femme, et qu'il n'y en a pas tant que ça dans leur grille cette saison ?
Je n'en sais rien ! Je suis une enfant d'Europe 1, moi. J'y suis rentrée en 1997 avant de partir à Canal+ huit ans plus tard puis d'y revenir. J'aime beaucoup cette maison où j'ai le sentiment d'avoir grandi. Et je crois qu'Europe 1 a envie de me faire grandir encore, comme elle le fait avec Natacha Polony, Marion Ruggieri ou Wendy Bouchard. Vous voyez qu'il y a des femmes à Europe 1 ! C'est important de féminiser une antenne. Mais il ne suffit pas de compter les voix féminines, comme on a pu le faire à une époque. Nous, on a des personnalités fortes, des femmes de caractère.

"On peut être féminine et crédible sur des sujets de fond"

Il y a d'autres choses que vous souhaitez faire ?
Non, pas spécialement. Je vois juste que de grands journalistes ont eu de longues carrières en alernant plusieurs types d'exercice. Yves Calvi, par exemple, a longtemps fait une interview sur Europe 1, et il n'était pas dans l'actualité brulante. Idem pour Jean-Pierre Elkabbach. Quand on est journaliste, il faut savoir affronter des ministres mais aussi Catherine Deneuve !

Quand on parle de vous, on évoque souvent votre look, vos robes et vos chaussures à talons. Ca vous agace qu'on ne retienne que ça ?
C'est important d'être bien habillée (rires). Mais je vous rassure, on ne retient pas que ça ! Moi, c'est un acte militant. Quand je suis arrivée dans ce métier, on m'a demandé de m'habiller de façon striste pour paraître plus crédible. Comme s'il fallait un costume cravate pour etre crédible, un air sinistre et plus de sourire. A l'antenne, j'ai envie d'être absolument féminine pour démontrer qu'on peut être féminine et crédible sur des sujets de fond. Je sais que ça énerve tout un tas de gens mais ce n'est pas grave... Maïtena Biraben, Natacha Polony, Léa Salamé : la plupart des femmes de ma génération entendent ça aussi !

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