Dans "Cauchemar en cuisine", Philippe Etchebest a l'habitude des mauvaises surprises, comme par exemple la fois où il a été horrifié par l'hygiène de la cuisine d'Amina à Brive-la-Gaillarde. "Ça va être un carnage. Je ne peux pas avoir une combi, là ? Vous n'avez pas un truc pour moi ? C'est bien la première fois que je fais ce type de demande. Mais c'est tellement gras que je préfère me protéger pour pouvoir inspecter correctement cette cuisine. C'est la première fois que je mets une combinaison quand j'inspecte une cuisine. C'est la première fois, depuis 14 ans que je fais 'Cauchemar en cuisine'. Je vais mettre la capuche, parce que je ne veux pas me salir la tête non plus", s'était indigné le chef à l'époque. Il n'a d'ailleurs rien pu faire pour le restaurant d'Amina puisque ce dernier a été placé en liquidation judiciaire il y a quelques mois.
Ce vendredi 4 septembre 2026, M6 diffuse un nouvel épisode inédit de "Cauchemar en cuisine". Cette fois, Philippe Etchebest s'est rendu à Saint-Bonnet-en-Champsaur dans les Hautes-Alpes pour venir en aide à Christine et Stéphane. Si le célèbre cuisinier a été agréablement surpris par l'un de leurs plats, il a revanche remarqué énormément de choses qui n'allaient pas dans leur restaurant : organisation, déco et carte, entre autres. Le couple a d'ailleurs vu sa fréquentation drastiquement diminuer depuis qu'il a repris le restaurant. Lors du débrief avec Nicolas Jordan, cofondateur du réseau Rivalis, le chef apprend d'ailleurs qu'ils ont eux-même fait la demande d'être placés en redressement judiciaire. "Nous, au départ on était un restaurant ouvrier. Aujourd'hui, les ouvriers mangent à la boulangerie, car ils n'ont plus les moyens d'aller au restaurant. On a observé ça et on s'est dit qu'il y avait un problème parce que nous, c'était notre cœur de cible. On a donc actionné plusieurs leviers. Il y en a deux qu'on a actionnés, à savoir le redressement judiciaire et 'Cauchemar en cuisine'. On a tenté le tout pour le tout, parce que tenter de participer à 'Cauchemar en cuisine', c'était un peu comme jouer au loto", explique Stéphane dans une interview accordée à Puremédias.
Ce n'est pas la première fois que le gérant se trouve face à une situation de crise : "J'ai déjà eu une fois dans ma vie un redressement judiciaire. J'ai eu affaire à ça et ça m'avait sauvé la vie à l'époque, donc je me suis dit que c'était un levier à actionner. La situation devenait très préoccupante. Je n'avais pas envie qu'on fasse partie des 25 restaurants qui ferment par jour en France".
Dans l'épisode, Nicolas Jordan révèle aussi à Philippe Etchebest que Stéphane et Christine ont 120.000 euros de dettes. Le redressement judiciaire permet donc de les geler, afin de tenter de repartir sur de bonnes bases. Et, bonne nouvelle, depuis le tournage, le restaurant est toujours ouvert et fonctionne de mieux en mieux ! "C'est comme un deuxième souffle. L'épisode n'a pas encore été diffusé mais il y a déjà eu des effets conséquents. En termes de fréquentation, ça a un poil baissé parce que forcément, comme on ne s'adresse plus aux ouvriers qui venaient en nombre, la fréquentation a un petit peu baissé. Mais par contre la marge, elle, a augmenté, suite à l'énorme boulot qui a été fait depuis le tournage, on a vu une nouvelle clientèle et la marge a augmenté d'une quinzaine de pourcents. Ce n'est pas rien. Le ticket moyen a aussi augmenté de presque 5 euros tout en ayant des plats qui sont, paradoxalement, moins chers que ce qu'on avait avant", se réjouit Stéphane.
"En juin, nous sommes passés au tribunal, le plan de redressement a été accepté. On attaque donc le remboursement là. C'est très récent. Je suis de nature optimiste, mais là je n'ai plus aucun doute sur le fait qu'on va y arriver", poursuit le restaurateur, plus motivé que jamais. "Ça nous a sauvé la vie. Si le chef n'était pas venu, on serait peut-être fermés aujourd'hui".
Stéphane nous a également révélé qu'il avait malheureusement loupé l'appel du chef, qui a tenté de le joindre ces derniers jours pour prendre des nouvelles. "Je suis blasé, j'espère qu'il va me rappeler, parce que c'était génial quoi... ça nous a sauvé la vie. Je tiens à lui dire merci en personne". Le message est passé.