Charles Alloncle n'en a pas tout à fait terminé avec sa croisade contre l'audiovisuel public. "La Lettre" rapporte ce lundi 18 mai que le rapporteur de la commission d'enquête a saisi la procureure de la République de Paris pour dénoncer des faits de harcèlement et d'agression sexuelle, qui se seraient déroulés en 2009 lors de l'émission "Ce soir (ou jamais !)" diffusée sur France 3. Le député de l'Hérault a ainsi déclenché l'article 40 du Code de procédure pénale pour signaler la gestion de cette affaire par le groupe audiovisuel. Il questionne ainsi la confidentialité d'une transaction qui aurait été signée par l'actuel patron de l'Arcom, Martin Ajdari, à l'époque président de la filiale MFP – devenue France TV studio – qui produisait le rendez-vous présenté par Frédéric Taddéi. "Il semble qu'une chaîne hiérarchique qui demeure à établir, consciente des faits reprochés, ait cherché à les couvrir, en sanctionnant le lanceur d'alerte sans interroger les dysfonctionnements ayant donné lieu à ces agressions", écrit l'élu dans son courrier daté du 10 avril dernier.
Trois jours auparavant, le président du gendarme de l'audiovisuel avait été interrogé par son interlocuteur sur ce dossier lors d'une séance particulièrement tendue à l'Assemblée nationale. Il lui avait répondu ne pas se souvenir précisément des faits tout en reconnaissant un conflit du travail en lien avec le talk-show de la Trois, ainsi qu'une intervention du Défenseur des droits.
En décembre 2009, une assistante de production, enceinte de 6 mois, avait fait remonter à sa hiérarchie une série d'incidents (propos graveleux, caméras pointées avec insistance sur certaines parties de leur corps, gestes déplacés) de la part d'un assistant réalisateur et d'un cadreur de la MFP. D'abord convoquée pour un rappel à l'ordre, elle apprendra un mois plus tard que ses contrats n'ont pas été renouvelés dans l'émission, indique "La lettre". Saisissant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde), bientôt transformée en Défenseur des droits dirigé par Dominique Baudis, elle obtiendra raison. L'autorité indépendante reconnaît en effet un cas caractérisé de discrimination "en raison de son sexe, de sa situation de famille et de sa grossesse", et alerte la direction de France Télévisions du préjudice subi par la jeune femme mise à l'écart.
C'est alors que Martin Ajdari, de part sa fonction de directeur général aux ressources, serait intervenu pour signer avec elle, le 26 juillet 2013, au nom de la société MFP, un protocole d'accord de 50.000 euros, assorti d'une clause de confidentialité. Soit le moyen d'indemniser la plaignante en échange de son renoncement à la procédure engagée devant les Prud'hommes pour discrimination en raison de sa grossesse. Depuis, l'assistante de production n'a plus jamais retrouvé un poste dans les médias, conclut "La lettre".

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