Bally Bagayoko est devenu la nouvelle obsession de CNews. Le nouveau maire de Saint-Denis se retrouve depuis son élection au coeur des débats de toutes les émissions de la chaîne d'info en continu. Or, plusieurs débordements ont été constatés par les internautes, et l'Arcom saisie par des élus de gauche après deux séquences jugées racistes à l'antenne. Le concerné, né de parents maliens, a d'ailleurs annoncé son intention de porter plainte contre les responsables de ces attaques "ignobles".
La direction du canal 14 de la TNT essaie de faire front contre cette controverse sous fond de racisme ambiant en se défendant de toute malveillance. Dans un communiqué, elle a dénoncé une déformation des interventions, accusant des "pratiques participent à une instrumentalisation à des fins polémiques", de façon à "l'incriminer". La chaîne a également redonné la parole aux auteurs des propos controversés, Jean Doridot et Michel Onfray, pour qu'ils précisent le fond de leur pensée. En revanche, Pascal Praud n'avait jamais trop pipé mot sur cette affaire dans son traditionnel édito ou dans le conducteur de ses différentes émissions.
Ce mercredi 1er avril, le présentateur vedette est enfin sorti du silence pour donner son avis sur les attaques dirigées contre CNews, et qui "commencent à l'amuser". Pour lui, "il n'y a pas matière à poursuivre judiciairement" les visages de l'antenne et c'est à l'Arcom, "qui fait ce qu'elle veut", de devoir trancher dans ce dossier. "Donc, on s'est fait insulter de partout depuis quatre jours, et là on va sortir les rames. C'est parfaitement inadmissible ce qu'il se passe en France. Et vous verrez que Monsieur Bagayoko ne portera sans doute pas plainte"", analyse-t-il après avoir vu des membres du gouvernement rétro-pédaler. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, s'était dans un premier temps dit "très choqué" de ces "attaques ignobles", alors que sa collègue de la rue Valois, Catherine Pégard, avait, elle aussi, condamné ces propos "inadmissibles".
Sans dédouaner les responsables de ces même propos, Pascal Praud dénonce un mauvais procès d'intention intenté à son employeur. "Après, on peut toujours discuter d'une phrase telle qu'elle a été dite, ça c'est encore autre chose. Je n'aurais pas dit les choses comme ça, il n'y a même pas de discussion. Mais d'accuser les uns et les autres de racisme alors que ça tombe contre la loi, c'est pas la même chose", fulmine le journaliste contrarié par cette cabale. "Cette chaîne est considérée comme un adversaire politique, pour pas dire un ennemi", abonde l'un de ses chroniqueurs. Ce que confirme le chef d'orchestre : "C'est CNews qui est déterminant dans la mise en orbite des images relayées sur les réseaux sociaux. Si nous ne mettons pas en exergue ce qu'il se passe dans certaines mairies, personne ne le reprend donc ça les rend fous". "Le système va mal mais il se défend bien", martèle-t-il encore contre cette alliance politique à l'encontre de son média.
Le syndicat autonome de Canal+ ne partage pas cette position. Le collectif +Libres a exprimé "sa plus vive indignation" dans un communiqué contre les "déclarations, d'une gravité particulière" qui "portent atteinte à la dignité d'un élu de la République et heurtent profondément les valeurs de respect, d'éthique et de responsabilités auxquelles sont attachés les salariés du groupe". La rédaction s'est dite ulcérée par cette "nouvelle dérive éditoriale qui entache l'image du groupe Canal+ et alimente un profond malaise parmi les salariés de CNews et de l'ensemble du groupe".

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2