Eric Brunet : "Je n'ai rien en commun avec Natacha Polony ou Eric Zemmour !"

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Eric Brunet : "Je n'ai rien en commun avec Natacha Polony ou Eric Zemmour !"
Eric Brunet
Eric Brunet © Abaca
puremedias.com a posé quelques questions à l'animateur de RMC qui propose depuis lundi à ses auditeurs de choisir s'il continue ou non son émission cinq années de plus.

Eric Brunet part en campagne ! Après cinq années aux commandes de "Carrément Brunet" sur RMC, l'animateur a décidé de faire appel à ses près de 600.000 auditeurs pour savoir s'il doit ou non présenter son show radio pendant cinq années supplémentaires. Depuis lundi et jusqu'à vendredi, les auditeurs peuvent ainsi voter sur Internet pour ou contre "un nouveau quinquennat" d'Eric Brunet. A l'occasion de cette initiative originale, puremedias.com a rencontré cet animateur de la droite libérale qui ne laisse personne indifférent.

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Propos recueillis par Benjamin Meffre.

"S'ils me disent non, je m'en irai tout de suite"

puremedias.com : Allez-vous vraiment respecter les volontés de vos auditeurs quelles qu'elles soient ?
Eric Brunet : Oui, ce n'est pas un gag. C'est une consultation assez large. Je pense qu'il va y avoir des milliers et des milliers de votants. Ce sont des gens habitués à l'émission. Je suis tout à fait déterminé à écouter ce qu'ils me diront. Si c'est un plébiscite, formidable ! Je continuerai. Si c'est un 50-50, j'aménagerai l'émission. S'ils me disent non, je m'en irai tout de suite.

Vous vous engagez à partir en cas de vote négatif ?
Bien sûr, je m'en irai ! Ca n'aurait pas de sens de faire tout cela sinon. Je n'ai pas imaginé une seconde que ce soit "non" mais pourquoi pas ! Dans ce cas-là, je m'en irai. Pas en claquant la porte. Je le ferai en douceur, en aménageant mon départ. Mais oui, je partirai car ce vote négatif voudrait dire que je suis sur de mauvais rails. On n'est pas là pour aller contre le sens des choses. Je ne veux pas embêter les gens outre-mesure. S'ils sont agacés ou ennuyés par moi - ce que je peux comprendre - eh bien alors, il faut partir. La vie ne s'arrête pas là. J'espère simplement que je rebondirai.

Si vous organisez ce vote, c'est que votre direction est d'accord pour que vous repartiez pour un quinquennat, non ?
Oui, bien sûr. RMC, c'est une radio de liberté. En cinq ans, je n'ai jamais eu la moindre censure ou remarque sur ce que je faisais. Je suis allé voir ma direction. Je leur ai dit : 'c'est marrant, ça fait cinq ans que je suis là : un quinquennat. On est en période pré-electorale. J'ai envie de demander aux gens s'ils ont envie de m'écouter cinq années de plus'. Ils m'ont dit que c'était une bonne idée et de le faire.

"Je n'ai pas de culte de la personnalité"

N'avez-vous pas peur qu'on critique votre culte de la personnalité avec ce référundum ?
Non, je n'ai pas de culte de la personnalité. A RMC, toutes les émissions sont très personnalisées autour de leur animateur. Ce n'était pas mon choix, par exemple, que mon nom soit dans le titre de l'émission mais c'est le principe éditorial de RMC et je l'assume. Mais je n'ai pas de culte de la personnalité. L'émission est fraternelle. On accepte avant tout de débattre avec l'autre.

Qui est la star de l'émission : Eric Brunet ou le débat ?
C'est très compliqué. Je ne voudrais pas être la star. Je suis celui qui organise le débat même si c'est vrai, je donne l'opinion de départ autour de laquelle s'articulera le débat du jour.

Et vous parlez aussi beaucoup de vous et de votre vie personnelle ?
Oui. Il m'arrive de parler de ma vie personnelle, de mes enfants... Je n'ai pas de problème avec cela. Je ne suis plus journaliste. Je suis animateur. Je n'ai pas de carte de presse depuis des années. Je suis d'ailleurs très content d'être sorti de ça. Je me sens beaucoup plus libre.

Si vous n'êtes pas journaliste, comment vous définissez-vous ? Animateur, polémiste ?
Oui, animateur selon moi. Certains disent polémiste, éditorialiste. C'est très confus tout ça de toute façon.

Si vous ne vous dites plus journaliste, pensez-vous malgré tout que vous faites du journalisme d'opinion ?
Je suis très gêné car c'est très prétentieux de dire qu'on fait un journalisme d'opinion. Je dirais que je fais un show radio tout simplement. Il est pour l'instant unique en France. D'emblée, je donne mon opinion autour de laquelle les gens discutent ensuite. Moi mon but, c'est d'entendre des argumentations belles, qui enrichissent et nous donnent de quoi avancer. Les opinions, c'est formidable ! C'est d'ailleurs dans l'ADN Français cette capacité parfois théâtrale à mettre en scène des arguments !

"Natacha Polony ou Eric Zemmour : des chevènementistes"

Pensez-vous qu'il y ait une augmentation du nombre de journalistes d'opinion dans les médias français ces dernières années ?
Non, il n'y en a pas tant que ça ! Il y a 37.000 journalistes en France. Il y a une dizaine ou une quinzaine d'éditorialistes à gauche comme à droite, qui font des débats équilibrés. Mais ceux-là ne m'intéressent pas. Ce sont tous les autres qui m'intéressent. Ceux qui informent les gens en transmettant une information politiquement convenable beaucoup plus dangereuse selon moi. Ces journalistes-là ont une façon d'ordonnancer l'info qui est toujours la même. Comprenons-nous bien, il n'y a pas de complot ni de volonté de désinformer les Français. Mais il y a ce politiquement correct de centre-gauche qui agit là et pas dans les débats entre éditorialistes. Personnellement, j'ai l'impression d'être le seul à droite à défendre mes idées sur le libéralisme : liberté d'entreprendre, d'embaucher, de licencier, de travailler le dimanche.... Je n'ai rien en commun avec d'autres éditorialistes présentés comme de droite tels Natacha Polony ou Eric Zemmour.

C'est à dire...
Ce sont des souverainistes de droite. Ils sont la planète à la mode... En réalité, ce sont des chevènementistes. Ils sont de gauche mais sont devenus réacs' de droite. Sur l'essentiel, si je voulais être méchant, je dirais qu'ils sont comme Jean-Luc Mélenchon. On n'est pas du tout sur la même ligne ! Sur rien ! L'économie, la place de l'Etat... Sur la question de l'immigration, je suis beaucoup plus cool qu'eux ! Je ne suis pas obsédé par l'identité française ! Je trouve d'ailleurs que la question identitaire occupe une place excessive par rapport aux véritables problèmes qui sont avant tout économiques. Plutôt que de s'engueuler sur Nadine Morano, on ferait mieux de s'engueuler sur le nombre de fonctionnaires. Ca c'est un sujet capital ! On est le pays le plus administré après la Corée du Nord !

S'il n'y a pas plus de journalistes d'opinion, pensez-vous en revanche que les gens soient plus friands qu'avant des émissions d'opinion ?
Oui ! Regardez mon émission. On a plus que doublé le nombre d'auditeurs. Ce n'est pas parce que je suis talentueux. C'est parce qu'il y a eu un bouche-à-oreille. Les gens se sont rendu compte qu'ils avaient un rendez-vous ami qui correspondait davantage à leur façon de voir le monde, un peu plus iconoclaste...

"Les journalistes méritent d'être mésestimés par les Français"

Est-ce que cette manière de mettre en scène le débat en appuyant sur la dimension d'affrontement ne participe pas malgré tout à son hystérisation du débat ou à sa simplification ?
Ah non ! Pas de simplification, c'est la pire des choses ! C'est l'Histoire qu'on nous présente depuis cinquante ans ! C'est par exemple de dire que pendant la Seconde Guerre mondiale, la gauche était résistante et la droite collabo. C'est ça, la simplification ! Moi j'essaye justement de réimplémenter de la complexité parce que tout est complexe. Je me plante peut-être souvent. Je ne fais pas des émissions parfaites mais j'essaye. Et il n'y a pas d'hystérisation. Il n'y a pas d'hystérie chez moi. Paradoxalement, on ne s'engueule jamais dans mon émission ! Je peux gueuler de temps en temps mais on ne s'engueule pas. Je vous jure. C'est fraternel et, à tout le moins, poli.

Vous critiquez beaucoup les journalistes français. Pourquoi sont-ils tant détestés par la population selon vous?
Tout d'abord parce qu'ils sont moins brillants qu'avant et font donc moins rêver. La deuxième chose, c'est le poids de ce politiquement convenable dont j'ai déjà parlé. Sur tous les sujets d'actualité, vous vous rendez compte qu'à part quelques originaux, les journalistes pensent et disent pareil.

Et les gens en ont marre ! Ils ont leur décodeur désormais. Ils sont devenus des petites machines à décrypter. C'est ça, la grosse différence ! Avec les médias sociaux, avec Internet, ils vont chercher ailleurs ce qu'ils ne trouvent plus dans les médias traditionnels. Mon émission fait partie de ça. Elle est transgressive. En tout cas, alternative. C'est pour cela qu'elle marche. Je ne veux pas accabler cette profession. Je ne suis pas un modèle de vertu. J'ai fait plein d'erreurs et sans doute beaucoup plus que de nombreux journalistes. Mais globalement, cette profession mérite d'être mésestimée par les Français parce qu'il y a un manque de curiosité éditoriale qui est désastreux, un suivisme moutonnier dégoûtant.

"J'ai trouvé Laurent Ruquier assez inélégant sur cette affaire"

M6 va bientôt lancer une émission sur le gaspillage de l'argent public, un thème qui vous est cher. Ca vous intéresserait de la présenter ?
Oui, peut-être. Pourquoi pas. Je ne dis pas non. Après, je ne suis pas un ambitieux. Vous ne pouvez pas savoir comme je suis heureux à RMC. Je ne rêve pas d'avoir une émission sur une autre chaîne. On a 600 à 700.000 auditeurs. Nous sommes trois plus un stagiaire à faire cette émission et nous sommes plus écoutés que "Le Figaro" n'est lu alors qu'ils sont plusieurs centaines à le fabriquer !

Laurent Ruquier a dit trois fois "Hors de question" à propos de votre arrivée dans "On n'est pas couché " en tant que chroniqueur. Vous aviez pourtant affirmé en mars dernier dans "Le Tube" que son équipe vous avait contacté ? Qui dit vrai ?
Tout le monde dit vrai... J'ai été contacté après le départ d'Eric Zemmour de l'émission. Pas après celui d'Aymeric Caron. Je ne vais pas mentir en vous disant que j'ai refusé. A l'époque, l'équipe de Catherine Barma était plutôt favorable, je crois, à ma venue mais Laurent Ruquier y était opposé. Ca ne s'est donc pas fait. C'est pourquoi, lorsque Daphné Burki m'a demandé si j'accepterais le poste au moment du départ d'Aymeric Caron, j'ai dit très sincèrement oui. Et puis, de façon assez radicale et peu sympathique, Laurent Ruquier a surréagi... Hasard, il était prévu que je participe à "On n'est pas couché" pour la sortie de mon livre historique "Un Monstre à la française" quelque temps après. Suite à cette affaire, il m'a déprogrammé en expliquant que ce n'était plus possible désormais. Je n'ai rien dit mais je n'ai pas trop compris pourquoi. Je l'ai trouvé assez inélégant sur cette affaire mais tout ça n'est pas très important.

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