Le débat était musclé, un peu trop même pour David Pujadas, obligé de quitter son siège pour calmer ses interlocuteurs. Ce mardi 18 novembre, le journaliste de LCI présentait un nouveau numéro de "La grande confrontation" en prime time. Pour l'occasion, il recevait Raphaël Glucksmann, député européen et leader de Place publique, venu répondre aux questions d'un panel de Français. En toute fin d'émission, l'élu a entamé un débat avec Eric Zemmour, fondateur du parti Reconquête !, et aux idées aux antipodes des siennes. Forcément, les échanges entre les deux hommes ont été particulièrement tendus, et le ton est monté à plusieurs reprises. Le pic de décibels a été atteint lorsque l'élu de gauche a accusé son débatteur de vouloir un pays "au destin à la hongroise", en référence à l'emprise de Viktor Orban sur les institutions du pays.
"Monsieur Glucksmann, en Hongrie, il n'y a pas de petite Lola qui se fait découper par une Algérienne. En Hongrie, il n'y a pas de Thomas qui se fait tuer par un Chaïd. En Hongrie, il n'y a pas un Elias qui va jouer au foot et qui se fait tuer par un Africain…", a commencé par énumérer l'ex-candidat à la présidentielle. Hors de lui face à ces propos, Raphaël Glucksmann est sorti de ses gonds en affirmant : "Je ne vous autorise à pas à dire ça ! Vous utilisez ces victimes pour faire votre pub ! Je n'accepte pas que l'on me hurle dessus comme le fait Monsieur Zemmour".
La joute verbale s'est vite révélée inaudible, contraignant David Pujadas à sortir de son rôle d'arbitre de clash pour calmer les débats. "Arrêtez, arrêtez !", s'est d'abord exclamé l'ancien visage de France Télévisions. Puis, ne parvenant pas à se faire entendre, il s'est levé de son fauteuil pour s'interposer physiquement entre les deux intervenants. "Vous ne donnez pas le bon exemple", a-t-il fini par conclure. Malgré cette colère froide, l'opposition d'idées s'est poursuivie jusqu'à la fin de l'émission.
Cette programmation a permis à la chaîne d'information du groupe TF1 de devancer ses concurrentes sur ce créneau horaire (20h45-0h). LCI était en effet leader des audiences avec 384.000 férus de politique présents pour suivre les analyses de Raphaël Glucksmann, ce qui correspond à 2,6% de l'ensemble du public. Le 12 juin dernier, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, avait répondu aux questions de Français sous les yeux de 500.000 téléspectateurs entre 20h40 et 23h30, selon Médiamétrie. Selon LCI, jamais une émission comme celle-ci n'avait été aussi fédératrice sur la chaîne cette saison.

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