"La toute dernière mise en demeure de CNews, rendue il y a quelques jours par l’Arcom, vient d’ouvrir une brèche dans laquelle tout le paysage audiovisuel français risque de s’engouffrer", écrivait en milieu de semaine Maxime Saada, président du directoire de Canal+, dans une tribune publiée dans "Le Figaro". Soyons lucides sur la suite. Après la mise en demeure viendront les sanctions financières. Puis la menace de la fermeture de la chaîne puisque la chaîne ne saura se conformer à une exigence impressionniste et imprévisible. Ce n’est pas une hypothèse : c’est une trajectoire évidente. Nous ne la connaissons (hélas) que trop bien pour avoir vécu la fermeture de C8".
Épinglée pour son manque de pluralisme dans plusieurs de ses programmes ('L'Heure des pros", "Face à l'info"...), CNews a en effet fait l'objet d'une mise en demeure récente de l'Arcom de respecter ses obligations. "Exiger le pluralisme, ce n’est pas censurer : c’est au contraire assurer aux différents courants de pensée et d’opinion la possibilité de s’exprimer, a expliqué sur LinkedIn le 25 juin Martin Ajdari, président de l'Arcom, en réponse à la tribune de Maxime Saada. Cette exigence est prévue par la loi et constitue, selon le Conseil constitutionnel, une condition de la démocratie. Elle ne conduit ni à juger la ligne éditoriale d’une chaîne, ni à faire taire aucun courant d’opinion." Le patron de l'autorité de régulation ajoute : "La loi, telle que le Conseil d’État en a précisé la portée, s’oppose en revanche à ce qu’un déséquilibre manifeste et durable apparaisse, sur l’ensemble de la programmation, dans l’expression des différents courants de pensée et d'opinion. Si certains estiment que ces règles ne sont plus adaptées, c’est la loi et l’interprétation qu’en donne le Conseil d’État qu’ils interrogent, et non une quelconque initiative politique du régulateur. " Maxime Saada avait en effet dans sa tribune rapproché la mise en demeure de de CNews par l'Arcom d'une action "politique", ayant pour but "faire taire, puis faire disparaître, une chaîne que des millions de Français choisissent librement chaque jour".
"L’ Arcom est tenue de faire respecter [les règles], avec impartialité et indépendance. Ses décisions, collégiales, sont publiques et susceptibles de recours. [...] CNews, comme les autres chaînes, est tenue de respecter ces règles – et il appartient au régulateur de tirer les conséquences en cas de manquement. CNews peut, et c’est heureux, contester notre décision devant le Conseil d’État, qui dira si elle est conforme au droit", a précisé Martin Ajdari. Le législateur fait la loi, le Conseil d’État l’interprète en tant que de besoin, les éditeurs sont tenus de l’appliquer et l’Arcom intervient en cas de manquement, sous le contrôle du juge. A l’écart de toute considération politique, dans le respect des opinions de chacun et du pluralisme, nous continuerons pour notre part à jouer notre rôle", a-t-il conclu.

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