Franck Annese ("Society") : "Ce que fait Cyril Hanouna, c'est de la diffamation"

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Franck Annese ("Society") : "Ce que fait Cyril Hanouna, c'est de la diffamation"
Franck Annese © DR
Chaque semaine, retrouvez sur puremedias.com "Médias le mag, l'interview", en partenariat avec France 5.

Chaque semaine, retrouvez "Médias le mag, l'interview", en partenariat avec France 5. Julien Bellver, co-rédacteur en chef de puremedias.com et chroniqueur dans "Médias le mag" le dimanche à 12h35 interroge une personnalité des médias toutes les semaines. Pour ce 23e numéro, Julien Bellver reçoit Franck Annese, patron de "Society", qui fête ses un an et dont l'enquête sur Cyril Hanouna a beaucoup fait parler.

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"A ce rythme, on sera rentable fin 2016"

"Society" fête son premier anniversaire avec Barack Obama en Une. L'objectif au lancement était de 60.000 exemplaires. Vous l'avez atteint ?
Pas tout à fait ! Non, on est un peu en dessous, on est à 50 en ce moment, mais le marché est beaucoup plus difficile en ce moment que quand on l'a lancé.

Mais ça reste l'objectif pour 2016 ? Il faut que vous atteigniez ce niveau pour être rentable ?
Non, non. En restant à 50.000, on sera rentable fin 2016. On dépense moins d'argent que ce qu'on avait prévu...

... en promotion notamment ?
Oui.

On a l'impression que vous vous êtes beaucoup cherché sur les choix de Unes, entre des Unes très simples, et d'autres beaucoup plus chargées... Il y a du marketing derrière tout ça ?
C'est ce qu'on appelle chez nous le marketing de la surprise ! On n'est pas des grands stratèges, mais quand on a une personnalité qui nous semble assez importante pour la mettre seule, on la met seule, et sinon, on fait ce qu'on appelle des "couv sommaire", où on met tout le sommaire en couverture.

Et ça n'effraie pas les lecteurs ?
Non, non, ça marche bien en fait ! Les couv sommaire sont un bon levier.

Quelles sont les couv qui marchent le mieux ? Quel numéro s'est le mieux vendu ?
Le premier. Puis le deuxième... Puis le troisième ! Il y a des Unes qui ont très bien marché. Celle sur Christiane Taubira - qui était une Une sommaire, mais on l'appelle la Une Taubira - a bien fonctionné. La Une Merkel, l'interview de François Hollande a bien marché aussi mais c'était le deuxième numéro, il y avait une tendance naturelle.

"Michel Onfray a une résidence en Une du 'Point'"

Les newsmagazines, c'est une exception française, ne vont pas très bien. Les ventes se sont écroulées en 2015. Comment expliquez-vous qu'on lise moins Le Point, L'Obs, L'Express... ?
Je ne sais pas si on les lit beaucoup moins... Ce sont des vieux groupes, donc il faut qu'ils s'adaptent à un nouveau marché, qui est un peu plus compliqué. Il y a des points de vente qui ferment, il y a moins de fréquentation, donc il y a un effet structurel.

Du coup, il faut développer les abonnements ?
Oui, ou en tout cas il faut avoir un type de magazine qui s'adapte naturellement à la nouvelle consommation de la presse. Il se trouve qu'on fait des magazines qui s'adresse à un public plutôt urbain, CSP+, donc naturellemnt, on est plutôt dans les centre-villes et on souffre moins de cette érosion de la presse dans le reste du pays.

Michel Onfray est encore en Une du nouveau numéro du "Point". Est-ce que c'est tout ce qu'il ne faut pas faire pour vendre du papier ?
Il y a une résidence en Une du "Point" ! Je ne vais pas donner de leçon sur ce qu'il faut ou ne faut pas faire, je n'ai pas de méthode qui marche et qui serait infaillible.

Il sera un jour en Une de "Society" ?
Non, ça c'est impossible. Ca correspond au lectorat du "Point". Je ne suis pas sûr que ses ventes soient si mauvaises d'ailleurs...

C'est le magazine qui souffre le moins, ses ventes sont en baisse de 5% sur un an...
Il est sur un positionnement très conservateur, il met en avant des gens qui sont très conservateurs. Il y a des espèces d'icones qui se relaient en Une, Onfray, Finkielkraut... Apparemment ça marche suffisamment pour qu'ils tiennent !

Les Unes marronniers comme l'immobilier, les meilleurs hôpitaux, les meilleures écoles de commerce, on ne verra jamais ça dans "Society", j'imagine ?
Non, on ne verra jamais dans "Society". C'est très rentable, pourtant, il y a beaucoup d'annonceurs...

Ca vous donne des idées ou vous n'osez pas ?
Non, ce n'est pas qu'on n'ose pas, c'est qu'on n'a pas envie de faire des trucs qu'on trouve merdiques, il faut être honnête. Faire une Une sur l'immobilier... Déprime !

"Le départ de Bertrand Chameroy était prévu avant l'enquête"

Est-ce que vous vous attendiez à ce que votre enquête sur Cyril Hanouna, publiée dans le dernier numéro de "Society", déclenche le départ de Bertrand Chameroy, l'un des chroniqueurs de l'émission ?
Non, on ne s'y attendait pas, évidemment. Je pense que c'est un départ qui était prévu avant l'enquête, par ailleurs. Je sais que c'était prévu.

Ca veut dire qu'il était sur la sellette ?
Non, ça veut dire que j'imagine qu'il faisait partie de plusieurs personnes qui avaient envie de quitter l'émission. L'enquête a peut-être aidé un peu. C'est une enquête qui est objective, qui est bien faite, les sources sont recoupées, ça a été très bien mené par les deux journalistes qui l'ont menée.

Bertrand Chameroy aurait été identifié comme l'une des sources de ce papier de "Society"... J'imagine qu'il n'était pas le seul ?
Je ne confirmerai rien de tout cela et de toute façon, il n'est évidemment pas le seul !

Vous avez menacé sur votre compte Twitter de balancer les enregistrements des témoignages... C'était de la provoc ?
Je suis taquin, évidemment que je n'allais pas les balancer ! Je me suis fait beaucoup insulter sur Twitter. Cyril Hanouna a eu la bonne idée assez populiste de sortir un tweet de son contexte et de le mettre à l'antenne avec mon nom, ce qui fait que ses petits soldats se sont empressés de m'envoyer quelques messages d'insultes. Quelques milliers. Même avec plusieurs chiffres avant le mille. Ca et des mails, j'ai reçu 1.500 mails d'insultes de gens qui pensaient que ma maman vendait ses talents.

"La personne qui s'exprime le plus dans le papier, c'est Hanouna"

Cyril Hanouna vous a répondu lundi dans "Touche pas à mon poste", il a notamment diffusé des SMS. Vous dites que c'est une erreur de sa part ?
On n'a pas le droit de faire ça. Ca s'appelle une atteinte à la vie privée, quand on diffuse les SMS et une photo de quelqu'un dont on n'a pas les droits.

Ca veut dire que vous allez attaquer ?
Je dis que c'est une erreur de sa part et qu'il n'a pas le droit de faire ça.

La séquence de "TPMP" a duré une vingtaine de minutes, il dit en substance qu'il n'y a rien de vrai...
Non, il dit un truc plus grave, il dit que ce sont des faux témoignages.

Là aussi, c'est de la diffamation selon vous ?
Ce n'est pas selon moi, c'est de la diffamation.

Est-ce que cette enquête ne manquait pas un peu de contrepoids ? Est-ce que vos journalistes ont eu des témoignages positifs ?
Oui, bien sûr, on a eu des gens qui nous disaient que tout se passe bien. Et on a aussi des gens qui disaient des trucs bien pires que ce qu'on a publié. Les journalistes ont travaillé pendant un mois sur ce sujet à temps plein. Ils ont recueilli énormément, énormément de témoignages. L'idée n'était pas du tout de faire un papier à charge, au contraire. Ils ont rencontré Cyril Hanouna, ils l'ont mis devant des faits contradictoires, on l'a ensuite recontacté pour évoquer d'autres faits, ils nous a accordé un petit quart d'heure au téléphone. Il n'avait qu'à nous donner plus de temps, il aurait pu répondre plus amplement. Mais la personne la plus citée de ce papier reste Cyril Hanouna. Donc je veux bien que ça manque de contrepoids, mais il y a un homme qui peut s'exprimer assez largement, c'est lui. Après, je ne porte de jugement ni critique ni moral sur son émission. Elle est ce qu'elle est, je ne la regarde pas plus que ça.

Vous êtes en contact avec lui depuis la parution de cette enquête ?
Oui. Il m'avait envoyé un SMS très bien en me disant "J'adore 'Society', je continuerai à l'acheter".

"Il n'y a aucune ingérence possible sur notre ligne éditoriale"

Ironie de cette histoire, le rédacteur en chef de "Society" est un chroniqueur de Canal+. Il n'a pas peur d'être viré ?
Pourquoi il serait viré ? Ca voudrait dire qu'il y a de l'ingérence au sein du groupe et qu'ils destituent d'autres personnes sur des faits qui ne sont pas forcément... ? Non, je ne veux pas croire ça. Il n'y a aucune raison. Ca serait malhonnête.

Quand vous tapez sur les médias, ça fait beaucoup de bruit. Vincent Bolloré vous déteste après votre enquête l'été dernier sur Canal+...
Attention, jamais Vincent Bolloré ne m'a appelé !

Mais il a parlé de vous pendant les comités de direction...
Je ne sais pas, je n'en sais rien...

Il vous a très souvent cité, nos confrères de Libération ont cité des verbatims où vous étiez désigné...
Je mettrais du conditionnel !

Renaud Le Van Kim est un de vos actionnaires, c'est aussi l'ex-producteur du "Grand Journal" qui a été viré par Vincent Bolloré. C'est lui qui vous encourage à faire ce type d'enquêtes ?
Surtout pas ! Je pense que ce n'est pas du tout bien pour lui, ça ne l'arrange pas qu'on fasse des papiers sur Vincent Bolloré. C'est un ami qui a aidé à créer ce magazine, mais qui n'intervient pas du tout sur la ligne éditoriale - pas plus que les autres personnes qui ont mis de l'argent dans ce magazine -, ça serait très mal me connaître. La pire chose à faire, ce serait de m'appeler pour me dire de faire un papier sur quelque chose ou, au contraire, pour me demander de ne pas taper sur quelque chose. Parce que je ferais le contraire ! Renaud me connaît très bien, donc il sait très bien qu'il n'y a aucune ingérence possible. Je pense que ces papiers ne l'arrangent pas forcément, mais on ne va pas s'empêcher de parler de télé dans un pays où la télé est importante, uniquement parce que j'ai un actionnaire qui a 2% et qui vient de la télé. Ce n'est pas possible.

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