TF1 et Gilles Bouleau vont devoir se trouver un nouvel invité. Jean-Luc Mélenchon a annoncé dimanche soir qu'il annulait son passage prévu ce lundi soir dans la semaine au "20 Heures" de TF1. La raison ? Le leader insoumis n'a pas apprécié la manière dont Anne-Claire Coudray a conduit son interview d'Édouard Philippe dans son édition du soir, notamment sur le thème de l'immigration. "Anne-Claire Coudray reprend à son compte les calomnies racistes d'Édouard Philippe. Lequel déroule son discours dégoûtant sans être interrompu. Lundi, je n'irai pas au 20 heures de cette chaîne", a écrit, sans plus de précision, le candidat à la présidentielle sur X, quelques minutes après le passage du maire du Havre au journal télévisé de la première chaîne. Pour marquer son mécontentement, l'élu, abonné aux relations conflictuelles avec les médias, a donc décidé de boycotter une antenne sur laquelle il avait pourtant officialisé, quelques mois plus tôt, sa candidature à l'Elysée. Depuis l'attentat raciste de Trappes, les Insoumis accusent les chaînes de télévision de laisser proliférer les paroles racistes d'extrême droite.
Le groupe audiovisuel n'avait pas communiqué sur cet entretien du candidat LFI. Mais un proche de Jean-Luc Mélenchon avait indiqué à l’AFP qu’une interview du tribun insoumis était bien prévue dans la semaine, avant le grand meeting du parti au Bourget (Seine-Saint-Denis) samedi. Ce matin, la Une a réagi à l'annonce de cette annulation de dernière minute. "Hier soir, Anne-Claire Coudray a mené son entretien avec professionnalisme et rigueur, en interrogeant Édouard Philippe sur ses propos tenus dans 'Le Point'. Pour rappel, les invitations du 20H aux candidats à l'élection présidentielle sont annoncées par TF1 lorsqu'elles sont confirmées", a écrit le groupe sur ses réseaux sociaux, en réponse à la décision de Jean-Luc Mélenchon.
À lire aussi : Un "simulacre de procès" : Après son interview polémique sur franceinfo, Sarah Knafo annonce saisir l’Arcom
Après les émeutes du 17 octobre, Édouard Philippe avait estimé que "la surreprésentation de jeunes issus de l'immigration" dans les violences autour des manifestations était "patente" et avait pointé "l'échec de l'intégration" depuis "plusieurs décennies" en France. "Quelle conclusion avez-vous tirée de ce constat?", lui a demandé dimanche soir Anne-Claire Coudray. "Dans les images que nous avons vues des pillages, il y avait de fait un certain nombre et un nombre important de jeunes Français, sans doute, que je considère comme des Français, issus de l'immigration. Ce qui traduit un sujet qu'on doit regarder les yeux dans les yeux", lui a notamment répondu l'ancien Premier ministre.
Dans la soirée, Édouard Philippe a répondu sur X au leader insoumis, l’accusant de faire des "pilleurs" et des "casseurs d’extrême gauche" des "modèles d’intégration" et des "victimes de la police". Un message auquel a à son tour réagi Jean-Luc Mélenchon, accusant sur le même réseau social son concurrent à la présidentielle de "clientélisme racialiste".
