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Un "simulacre de procès" : Après son interview polémique sur franceinfo, Sarah Knafo annonce saisir l’Arcom
Publié le 1 novembre 2026 à 11:50
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Quatre jours après son échange particulièrement tendu avec Simon Le Baron et Audrey Tison sur Franceinfo, l'eurodéputée Reconquête annonce saisir le régulateur pour demander une "mise en demeure de Radio France".
Sarah Knafo face à Simon Le Baron le 28 octobre 2026 sur franceinfo. © Capture d'écran franceinfo

La polémique ne retombe pas. Après son passage mouvementé dans la matinale de Franceinfo, mercredi 28 octobre, Sarah Knafo a décidé de porter l'affaire devant le régulateur de l'audiovisuel. Dans un message publié samedi 31 octobre sur X, la députée européenne du parti d’extrême droite Reconquête annonce saisir l'Arcom pour demander "la mise en demeure de Radio France", estimant avoir été victime d'un traitement partial lors de son interview politique.

"Ce n'est pas vous qui posez les règles sur ce plateau"

"Je suis plus que jamais pour la privatisation de l'audiovisuel public, mais tant que nous le paierons, il devra respecter la loi, et l'Arcom est là pour l'y obliger", écrit-elle sur le réseau social. Elle dénonce notamment "73 interruptions en 24 minutes" et un "simulacre de procès avec un bandeau 'Knafo répond aux accusations' affiché dès la première minute". Selon elle, cet entretien aurait méconnu "l'une après l'autre les trois obligations que la loi impose au service public : honnêteté de l'information, impartialité, égalité de traitement". Un argumentaire qu'elle développe également dans une longue lettre adressée au président de l’Arcom sur son site. 

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Mercredi dernier, Sarah Knafo était invitée de l'interview de 8h30 de franceinfo, menée par Simon Le Baron et Audrey Tison. Venue notamment présenter son livre "Le casse du siècle", dans lequel elle défend la privatisation de l'audiovisuel public, l'eurodéputée s'est rapidement retrouvée au cœur d'échanges particulièrement houleux. Dès les premières minutes, Simon Le Baron a évoqué les multiples condamnations d'Éric Zemmour pour incitation à la haine raciale, avant d'interroger son invitée sur l'attentat raciste de Trappes. "Ça commence bien", a ironisé Sarah Knafo, avant de condamner "évidemment" l'attaque.

La tension est montée d'un cran lorsqu'Audrey Tison a qualifié de "laconique" sa réaction publiée sur les réseaux sociaux. L'eurodéputée a alors demandé à plusieurs reprises que son message soit lu intégralement à l'antenne. "Madame Knafo, ce n'est pas vous qui posez les règles sur ce plateau. Vous n'obligez personne à lire un tweet en intégralité !", lui a rétorqué Simon Le Baron. 

"Cette interview commence mal pour le service public. Je pense que personne n'attend plus rien de vous et vous trouvez quand même le moyen de décevoir avec votre malhonnêteté permanente", a répondu la députée européenne. À l'issue de l'entretien, l'élue conservatrice avait immédiatement dénoncé sur X une "interview lunaire", qu'elle jugeait révélatrice du comportement de "militants d'extrême gauche qu'on paie avec nos impôts".

"Une stratégie de délégitimation du travail journalistique"

De son côté, France Info a rapidement pris la défense de ses deux journalistes. Dans un communiqué, la station a apporté "son plein soutien à Simon Le Baron et Audrey Tison, qui ont exercé leur métier", condamnant "avec la plus grande fermeté les attaques, les menaces ou les tentatives d'intimidation" dont ils ont fait l'objet. La radio a également rappelé que "l'interview politique est un exercice journalistique, dans lequel il appartient aux journalistes de poser des questions, relancer et confronter les responsables politiques à leurs déclarations et à leurs positions".

Franceinfo a ainsi regretté une "stratégie visiblement délibérée de délégitimation du travail journalistique, en particulier du service public, qui se poursuit désormais sur les réseaux sociaux". La station a par ailleurs formellement démenti les informations publiées par le site CGTV, selon lesquelles un responsable de sa rédaction aurait présenté des excuses à Sarah Knafo après l'entretien.

Un soutien également exprimé par la Société des journalistes (SDJ) de Radio France, qui a jugé le travail des deux intervieweurs "irréprochable" sur le plan déontologique. Selon l'organisation, Sarah Knafo "n'est pas venue pour répondre à leurs questions mais pour dénigrer et délégitimer l'audiovisuel public". La SDJ a également dénoncé la vague de cyberharcèlement visant les journalistes.

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Par Bruna Fernandez | Journaliste
Née à l’époque des “Inconnus”, Bruna grandit entre le Brésil et la France. Enfant, elle enrichit son imaginaire devant le grand et le petit écran. Devenue journaliste, elle passe derrière la caméra et travaille pour plusieurs émissions. Un petit monde qu’elle se plaît à décortiquer pour puremedias.
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