Radio
"Il est essentiel que je parle..." : Thomas Legrand, écarté de Radio France, règle ses comptes avec la direction
Publié le 27 août 2026 à 10:19
Suivez Puremédias sur Google Ajoutez Puremédias à vos sources préférées
Dans une tribune publiée dans "Le Monde", le journaliste révèle avoir adressé une lettre à la présidente de Radio France, Sibyle Veil, dans laquelle il lui reproche notamment de lui avoir laissé croire qu'il allait revenir à l’antenne.
"A CNews, ce n'est pas possible ! Ils sont dans un fantasme. Ils mélangent le journaliste, l'éditorialiste et le polémiste !" : Thomas Legrand dézingue la chaîne de Pascal Praud et Laurence Ferrari dans "C ce soir" sur France 5

"Cela fait un an qu’on me balade, et que j’accepte tout", lâche Thomas Legrand. Un an après le déclenchement de "l’affaire Legrand-Cohen", le journaliste prend la parole dans "Le Monde" cette semaine pour dénoncer son éviction du groupe Radio France. "In fine, la réponse de la présidence de Radio France, un an après, aura été mon invisibilisation totale et durable de l’antenne", écrit-il, se disant victime d’"une campagne extérieure, mensongère et manipulatrice". Suspendu de l’antenne de France Inter, qui fait partie du groupe public Radio France, après le début de l’affaire il y a un an, Thomas Legrand pensait pouvoir y revenir pour la saison qui commence, ce qui n’est pas le cas.

"On me disait : 'Il faut laisser passer l’orage'"

"Le Monde" raconte qu’il y a quelques jours encore, un cadre de France Inter a proposé au journaliste d’assurer l’éditorial politique de la matinale du samedi matin. "Je voulais bien étudier l’idée, car revenir sur France Inter, c’était une façon de signifier que Bolloré et ses affidés n’avaient pas gagné", a indiqué Thomas Legrand à nos confrères. Sa joie a été de courte durée. Après l’envoi d’un SMS à Sibyle Veil pour plaider sa cause, Thomas Legrand a reçu cette missive de la présidente de Radio France : rien n’était prévu pour lui de "façon régulière", puis a été invité à prendre contact avec l’assistante de cette dernière.

"J’ai d’abord accepté de me taire. On me disait : 'Il faut laisser passer l’orage.' Je ne voulais pas ajouter une crise supplémentaire à celles que traversait déjà le service public. Je crois aujourd’hui qu’il est essentiel que je parle. Non parce que mon sort personnel justifierait une mobilisation particulière. Mais précisément parce qu’il n’est plus le sujet. Ce qui m’est arrivé pose une question plus importante : celle de la défense de l’audiovisuel public et, plus largement, de l’indépendance de la presse (...) Lorsqu’une campagne extérieure aboutit à l’effacement de celui qu’elle visait, quelles que soient les intentions de ceux qui ont pris la décision, elle adresse un message clair à ceux qui l’ont menée : cela fonctionne", juge-t-il dans sa tribune, en y voyant un enjeu plus large de "liberté de la presse".

"J’entends que Thomas Legrand soit déçu de ne pas être sur l’antenne de France Inter", a répondu Céline Pigalle au "Monde". "Il exige, il réclame, mais ce n’est pas comme ça qu’on obtient quelque chose de moi." L’éditorial politique du samedi matin de France Inter reviendra finalement à Camille Vigogne Le Coat, journaliste au "Nouvel Obs".

"Nous sommes indignés par la décision de ne pas réintégrer Thomas Legrand à France Inter"

"Nous sommes indignés par la décision de ne pas réintégrer Thomas Legrand à France Inter (...). Sa mise à l’écart définitive signifie que nous cédons aux pressions politiques", s’étaient insurgés les syndicats SNJ et SNJ-CGT, ainsi que la société des journalistes de Radio France, dans un communiqué publié le 26 juin.

Thomas Legrand affirme que Radio France ne l’a pas seulement écarté de l’antenne de France Inter. Selon lui, la présidence aurait également demandé l’arrêt de son projet de livre avec les Éditions Radio France et Tallandier. "Thomas est effectivement vu comme un élément de polarisation qu’il ne serait pas opportun de raviver" souligne son producteur Alexandre Hallier. Sa suspension aurait également eu des conséquences sur d’autres projets audiovisuels. 

En septembre 2025, Thomas Legrand et un autre journaliste de l’audiovisuel public, Patrick Cohen, avaient été filmés à leur insu dans un restaurant avec deux responsables du PS. Diffusée par le magazine "L'Incorrect", la vidéo avait nourri les accusations de connivence de l’audiovisuel public avec la gauche, sujet abondamment relayé par les médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, CNews, Europe 1 et le "JDD". Dans la foulée, France Télévisions et Radio France avaient assigné ces médias en justice pour "dénigrement", point culminant de vives tensions entre les deux camps. Une audience devant le tribunal des activités économiques de Paris est prévue mercredi 2 septembre 2026. En outre, cette affaire avait entraîné l’ouverture d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, où France Télévisions et Radio France ont été vivement critiquées par son rapporteur, Charles Alloncle, député UDR. Ce mouvement est allié au RN, parti qui prône la privatisation de l’audiovisuel.

Articles liés
Surprise, Nagui fait (déjà) son retour sur France Inter ce samedi avec une nouvelle émission
Surprise, Nagui fait (déjà) son retour sur France Inter ce samedi avec une nouvelle émission
"Se renouveler et aller au-devant d’un public plus jeune" : France Inter confie une émission à Merwane Benlazar
"Se renouveler et aller au-devant d’un public plus jeune" : France Inter confie une émission à Merwane Benlazar
"On a envie de rattraper France Inter" : Céline Landreau, future présentatrice de la matinale de RTL, se confie sur son nouveau défi
"On a envie de rattraper France Inter" : Céline Landreau, future présentatrice de la matinale de RTL, se confie sur son nouveau défi
Par Benjamin Rabier | Rédacteur en chef
Addict aux audiences, Benjamin Rabier a choppé le virus de la télévision grâce à la « Star Academy ». Intrigué par l’envers du décor, il a décidé d’en faire son métier. 20 ans plus tard, s’il ne rate (presque) jamais un prime de « The Voice », il peut vibrer devant une compétition sportive, se passionner pour un documentaire ou dévorer une série en un week-end.
Mots clés
Radio Business