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"Il y a des choses que l'on ne doit pas laisser passer" : Après des "dérapages éditoriaux" sur Franceinfo et dans "Quelle époque !", Delphine Ernotte durcit le ton
Publié le 20 mai 2025 à 15:00
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La présidente de France Télévisions, reconduite pour un troisième mandat, dénonce sans détour les séquences polémiques diffusées sur Franceinfo et France 2, rappelant fermement les responsabilités éditoriales du service public.
Cyril Hanouna appelle à privatiser l'audiovisuel public.

À peine reconduite à la tête de France Télévisions, Delphine Ernotte, 58 ans, n'a pas attendu pour afficher ses priorités. Dans une interview accordée au "Figaro", la présidente du premier groupe audiovisuel français s'est exprimée ce lundi sans détour sur les polémiques récentes qui ont entaché l'image de deux de ses antennes, Franceinfo et France 2. "Il faut toujours être au maximum de son énergie dans cette maison", confie-t-elle, quelques jours à peine après sa nomination par le collège de l'Arcom.

"Nous allons resserrer les processus de validation sur ces sujets dans les mois qui viennent"

Il a aussi été question des controverses liées à la couverture du conflit au Proche-Orient. Deux affaires ont particulièrement crispé l'opinion : la diffusion sur Franceinfo d'un bandeau évoquant Gaza comme une potentielle "Côte d'Azur", et les propos de Thierry Ardisson dans l'émission "Quelle époque ! " sur France 2, comparant la situation humanitaire de la bande de Gaza à Auschwitz.

Sur Franceinfo, c'est une séquence diffusée dans "L'heure américaine" qui a déclenché l'indignation. Alors qu'un débat était organisé autour d'une déclaration de Donald Trump – qui proposait de transformer Gaza en "Riviera du Moyen-Orient" –, le plateau s'est mis à discuter sérieusement du potentiel touristique de la région, alors que 70% des bâtiments y sont détruits selon l'ONU. À l'écran, un bandeau suggérant "Gaza, Côte d'Azur : et si c'était possible ?" a suscité un tollé sur les réseaux sociaux. Face à la polémique, Franceinfo a reconnu une "séquence totalement inappropriée".

Quant à Thierry Ardisson, ses propos tenus le 10 mai dans "Quelle époque !" ont été vivement dénoncés par la Licra et le Crif, qui y ont vu une "banalisation intolérable de la Shoah". "Je prie mes amis juifs de bien vouloir me pardonner", avait réagi l'animateur, invoquant une "émotion trop forte" et qualifiant son propre propos "d'exagéré". 

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 "Il faut prendre tous ces incidents avec sérieux, sans pour autant résumer France Télévisions à ces dérapages isolés", réagit Delphine Ernotte dans "Le Figaro". "Lorsque l'on parle de Gaza, il faudrait s'abstenir de convoquer la Seconde Guerre mondiale et la Shoah systématiquement. Ce n'est pas pertinent. D'ailleurs, Thierry Ardisson s'est excusé dès le lendemain de l'émission. Avec Alexandre Kara, le patron de l'information de France Télévisions, nous allons resserrer les processus de validation sur ces sujets dans les mois qui viennent. Il y a des choses que l'on ne doit pas laisser passer, tout en respectant un certain équilibre pour ne pas tomber dans la censure."

"Je pense avoir une vision beaucoup plus libérale de ce que doit être la télévision, comparée à certains médias qui sont totalement idéologues"

Alors que Franceinfo s'apprête à occuper le canal 16 de la TNT, la présidente entend placer son nouveau mandat sous le signe de la rigueur, également face à ses détracteurs. "Delphine Ernotte a wokisé France Télévisions", a notamment déclaré Pascal Praud sur CNews, l'animateur épinglant régulièrement le service public. "Il y a une forme de chasse au service public et je n'ai pas l'intention de me laisser faire. Je ne laisserai plus rien passer, ni sur nos antennes, ni face aux critiques totalement abusives qui nous visent", prévient la dirigeante, toujours dans "Le Figaro". "Notre rôle de service public n'est pas de prendre parti mais de s'en tenir aux faits. Les soi-disant pourfendeurs de la pensée unique sont bien souvent ceux qui la déploient. Assez paradoxalement, je pense avoir une vision beaucoup plus libérale de ce que doit être la télévision, comparée à certains médias qui, sous prétexte de liberté d'expression, sont en réalité totalement idéologues."

Par Bruna Fernandez | Journaliste
Née à l’époque des “Inconnus”, Bruna grandit entre le Brésil et la France. Enfant, elle enrichit son imaginaire devant le grand et le petit écran. Devenue journaliste, elle passe derrière la caméra et travaille pour plusieurs émissions. Un petit monde qu’elle se plaît à décortiquer pour puremedias.
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