"Je me sens affaiblie, je me sens détruite". Invitée par Jeremstar à se confier dans son émission diffusée sur YouTube, Marianne, candidate éliminée de "Secret Story" la semaine dernière, s'est confiée, en pleurs, sur le harcèlement en ligne qu'elle subit depuis sa sortie de la Maison des secrets. Avec d'autres participants, la candidate du programme de TF1 est accusée de racisme et de harcèlement envers deux participantes noires, Romy et Anita.
"Je ne mange plus, je ne dors plus. Je ne vois plus personne, je ne sors plus de chez moi, j'ai peur qu'on m'attaque dans la rue. J'ai peur qu'on me harcèle (...) qu'on me reconnaisse. Ça ne m'est jamais arrivé d'être au fond du fond du seau comme ça", confie Marianne, en larmes, dans la vidéo. "Je ne voulais pas faire du mal à qui que ce soit. Je ne me suis pas rendu compte que ce serait perçu comme ça. Et je suis vraiment désolée pour ça parce que je ne suis pas comme ça, ce n'est pas ce qui me définit, ce n'est pas qui je suis. Je ne suis pas cette personne, je n'ai jamais été cette personne", poursuit-elle.
"En fait, c'est la première fois que je reçois autant de haine et… je suis désolée, je dis ça devant ma maman qui est là, mais, j'ai vraiment juste envie de mourir quoi. Je ne voulais tellement pas que des gens se sentent autant blessés par moi, je n'ai jamais voulu ça. Et vraiment, je pense que je vais avoir besoin quand même d'une hospitalisation, et d'aller voir un psychiatre, parce que je me sens faible, j'ai peur de revivre comme j'étais avant."
La jeune femme accuse le programme et la production d'avoir "montré ce qu'ils voulaient" et de ne pas avoir diffusé une séquence dans laquelle elle présente ses excuses à Romy. "Je ne vois pas de porte de sortie, parce que pour toujours je serai Marianne, la harceleuse et la raciste de 'Secret Story 13'. C'est une image qu'on m'a donnée, à travers les réseaux et les images, et j'en veux énormément à la prod' de ne pas s'être bougée les fesses plus vite", insiste-t-elle.
Dans les commentaires, comme sur les réseaux sociaux, si beaucoup de téléspectateurs dénoncent le harcèlement dont elle est victime, certains évoquent également son manque de remise en question. Ces derniers dénoncent des scènes diffusées dans les lives, tandis que la production a, au contraire, été accusée de couper certains passages révélateurs dans les quotidiennes. "Je veux que tu comprennes que le racisme ce n'est pas forcément volontaire, ça ne se résume pas à 'dégage sale noire' ou des propos comme ça, et ça ne se résume pas qu'à une intention", argumente Jeremstar dans la vidéo. "Je me rends compte que j'ai blessé beaucoup de gens et pour ça je suis vraiment désolée. Romy, c'était juste une personne avec qui je ne m'entendais pas", assure Marianne.
La candidate accuse également Endemol, la société de qui produit le programme de TF1, de manquements dans la gestion de cette affaire. Dans la vidéo, Jeremstar a diffusé un audio envoyé par la candidate en pleine nuit au président d'Endemol Jean-Louis Blot. On peut l'entendre alors déclarer, en sanglots : "Vous avez laissé faire, je ne comprends pas comment j'ai pu vous faire confiance. Toute ma vie est détruite. À cause de vous je vais me foutre en l'air".
Dans une interview accordée ce jeudi au "Parisien" avant la publication de la vidéo, le président d'Endemol avait tenté de prendre un peu d'avance sur le sujet : "Dans 'Secret Story' mais aussi dans d'autres émissions comme 'Star Academy' (également produite par Endemol), nous voyons des vagues de harcèlement qui déboulent et s'emballent sur les réseaux sociaux. (...) Nous sommes très attentifs à cela mais ce sont des incendies difficiles à éteindre", assure-t-il. Si selon lui, si la production multiplie les actions pour tenter de protéger les candidats, ce n'est pas suffisant face à l'ampleur du phénomène. "Nous supprimons les commentaires insultants ou menaçants. Nous prenons la parole à l'antenne ou sur les réseaux sociaux. Nous faisons des signalements à Pharos (plateforme de signalement du gouvernement), au procureur de la République également", explique-t-il.
"Les réseaux sociaux prennent beaucoup trop de temps à réagir alors que nous sommes dans l'urgence. Nous avons fait de nombreux signalements (..) Nous n'avons jamais été contactés en retour. Jamais". "Le sujet est plus large que cela. Aujourd'hui, nous avons besoin d'un véritable arsenal juridique. Ce n'est pas normal que dans l'espace public, on puisse dire de telles choses, qu'on puisse prononcer de telles menaces en totale impunité", alerte-t-il.
Si Marianne admet avoir droit à un suivi de la part de la production, elle estime que leur réaction n'est pas suffisante. "La production m'a proposé un soutien psychologique", révèle Marianne. "J'ai une psy avec moi que je peux appeler 24h/24. Après, je trouve qu'ils remettent beaucoup à demain. C'est toujours 'on va trouver une solution, mais attend on cherche. Donc c'est long quoi'", dénonce-t-elle.
La psychologue, qui la suivait déjà pendant l'émission, est "inquiète", selon elle. "Je n'ai jamais tenu des propos pareils, je n'ai jamais voulu mourir", souligne-t-elle. "On m'a proposé un garde du corps, j'ai refusé", révèle-t-elle encore. "Parce que ça me prouve que je suis vraiment en danger et psychologiquement ça me fait encore plus peur", explique-t-elle. Dans un post publié sur X, Jeremstar a annoncé que Marianne allait "être placée en maison de repos". "La production est en train de lui chercher une place dans une maison pour pouvoir se remettre de tout ce qu'il se passe. Ça fait plusieurs jours que Marianne est au fond du trou. Avant l'interview, j'ai beaucoup parlé avec elle, j'ai cru qu'elle allait se foutre en l'air, je n'ai jamais vu quelqu'un être autant au bout du rouleau", ajoute-t-il.
Ce jeudi soir, à la fin du prime de "Secret Story" sur TFX, Christophe Beaugrand s'est adressé en direct aux téléspectateurs : "On a pu observer, ces derniers jours, suite à la sortie de certains candidats, dont Marianne la semaine dernière, des propos insultants ou agressifs sur les réseaux sociaux. Je tiens à rappeler personnellement que 'Secret Story' est un jeu (...) Le cyberharcèlement est un délit puni par la loi et c'est une question de respect, de bienveillance et de vivre ensemble. Nous condamnons fermement tous les mauvais comportements que nous avons pu observer sur les réseaux sociaux".
Avant de conclure : "Faites preuve d'humanité, débattez avec bienveillance. Je vous remercie, je fais un bisou en particulier à Marianne ce soir. Ce combat contre le harcèlement, c'est un combat que je porte personnellement depuis des années et personne ne supportera ici que cette émission se transforme en harcèlement permanent sur les réseaux sociaux".
















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