Depuis la publication 24 heures plus tôt d'un article du "Canard enchaîné" selon lequel Pascal Praud aurait dîné avec l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy à la veille de la prononciation de son jugement, l'animateur de CNews avait fait sienne la stratégie "Never complain, never explain". Cela n'a pas duré. Au cours d'un échange avec le sénateur Les Républicains Max Brisson, dans "L'heure des pros 2" ce mercredi 1er octobre 2025, il a finalement répondu et apporté un démenti à l'article du journal satirique.
"J'ai lu que l'on m'avait inventé un dîner, auquel j'aurais participé, avec Nicolas Sarkozy la veille de son jugement mercredi dernier. C'est évidemment faux. Je n'ai jamais dîné avec Nicolas Sarkozy la veille de son jugement et je précise que je n'ai jamais mis les pieds dans un hôtel qui s'appelle le Peninsula à Paris", a-t-il contesté avant de reprocher à "toute la presse française" de "L'Humanité" au "Dauphiné Libéré" en passant par "Le Nouvel Obs" d'avoir repris "cette information qui n'est pas exacte" sans l'avoir appelé. "Cette info n'est pas exacte mais c'est la vie. Ce n'est pas grave. Je ne réponds jamais, je n'ai même pas fait de tweet", a-t-il conclu. Puremédias vous propose de visionner la séquence.
Les révélations du "Canard enchaîné" du 30 septembre 2025 n'ont rien d'anodin. Le même jour, l'Arcom avait été saisie du traitement de la condamnation de Nicolas Sarkozy par CNews. Reconnu coupable d'association de malfaiteurs, l'ancien président de la République a écopé d'une peine de cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé dans l'affaire dite du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
Sur X, le député LFI Aurélien Saintoul a rendu publique sa lettre de saisine dans laquelle il accuse CNews "de manquements graves à ses obligations d’honnêteté". L’élu s’est notamment ému d’un bandeau affiché à l’antenne le 25 septembre, quelques heures après l’annonce du jugement et intitulé : "Nicolas Sarkozy face à un procès politique". Une affirmation "sans nuance ni guillemets" qui reprend, selon Aurélien Saintoul, "l'élément de langage partisan selon lequel la justice n’aurait pas été impartiale avec Nicolas Sarkozy". CNews avait déjà été rappelée à l’ordre quelques semaines plus tôt à propos de la condamnation de Marine Le Pen.
L'article du "Canard enchaîne" met aussi à mal les prises de position de Pascal Praud, l'un des plus critiques à l'égard du comportement du journaliste de France Inter, Thomas Legrand, causant stratégie politique attablé avec Patrick Cohen, autre visage du service public, et deux cadres socialistes sur des images relayées par la publication d'extrême droite "L'incorrect". Pascal Praud avait alors taxé les deux journalistes "d'attachés de presse au service du PS".
D'ailleurs, l'animateur a ouvert cette parenthèse dans son émission après s'être indigné – avec l'appui du sénateur LR Max Brisson qui avait auditionné le président de l'Arcom quelques heures plus tôt – contre les absences supposées de pluralisme et d'impartialité du service public de l'audiovisuel. "Plus gravement encore, les intervenants ne sont pas mis en perspective", a tiqué Pascal Praud, semblant considérer ainsi que c'est le cas sur CNews.
"M. Brisson, la bataille culturelle va être extrêmement importante parce que ces gens-là avaient le monopole du récit. Ils ne l'ont plus. Ils sont attaqués sur le monopole du récit et vont tout faire pour le garder", a considéré l'animateur avant d'inciter, tel un conseiller politique, la droite "à se battre enfin parce que cela fait 40 ans que cette bataille culturelle n'est pas menée".

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