"Eugénie Bastié est une polémiste, identifiée pour ses idées très conservatrices et souverainistes. Elle revendique clairement ses opinions dans ses éditoriaux et sur ses réseaux sociaux, en les soutenant de façon militante." Début mai, la Société Des Journalistes (SDJ) de France Télévisions publiait un communiqué pour dénoncer l'arrivée sur France 2 de deux incarnants pour la reprise de "L'Heure de vérité", Marc-Olivier Fogiel (qui a depuis renoncé à participer à l'émission) et la journaliste du "Figaro" Eugénie Bastié. Dans leur prise de parole, les journalistes du groupe public estimaient que la chroniqueuse régulière de CNews ne pouvait "incarner et animer le débat politique sur France 2". "Il nous paraît regrettable de rémunérer une chroniqueuse qui attaque constamment l'audiovisuel public", pouvait-on également lire. Une prise de parole commentée quelques jours plus tard par Stéphane Sitbon-Gomez, le directeur général de France Télévisions, qui avait assumé le recrutement de la journaliste : "On est en train de construire le dispositif. Vous jugerez sur pièces l'émission. Ce qui me terrifie, c'est le procès d'intention et qu'il y a des gens qui sont à bannir du service public", avait-il lancé lors d'un déjeuner organisé avec des journalistes médias.
Invitée ce mercredi 10 juin de l'émission "Culture Médias" sur Europe 1, Eugénie Bastié est revenue sur la prise de position de la SDJ de France Télévisions. "Je trouve que c'est une drôle de conception du journalisme d'inviter des journalistes à se taire en les menaçant de ne pas les inviter sur le service public si ils le critiquent, a-t-elle affirmé. C'est quand même une conception assez curieuse. En gros, c'est 'Ne critiquez pas le service public si vous voulez être invité'. [...] Moi au contraire je trouve que c'est une preuve de cohérence. J'ai pendant longtemps critiqué le manque de pluralisme de France Télévisions et du service public. Ne pas y aller alors qu'on me le propose ce serait un manque de cohérence." Interrogée sur sa capacité à pouvoir toujours critiquer France Télévisions alors qu'elle va y officier, Eugénie Bastié assure : "Sur le pluralisme, je ne peux que noter un effort. Et je ne me priverai pas de ma liberté de pensée, de ma liberté de critique parce que je suis sur le service public. Bien sûr !"
Avant de réagir aux propos de la SDJ de France Télévisions, la chroniqueuse de CNews avait salué le choix du groupe public de faire appel à elle pour son émission politique en pleine année présidentielle. "Je crois qu'il y a un effort, ces dernières années, qui a précédé la commission d'enquête [sur l'audiovisuel public] et se poursuit, de davantage d'ouverture, de pluralisme. C'était un vrai problème sur le service public, j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, avec un service public trop homogène idéologiquement. Il y a un effort qui est fait pour faire entendre d'autres voix et je salue cet effort", avait-elle précisé.

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