Un recrutement controversé. Quelques jours après les révélations du "Parisien" du recrutement d'Eugénie Bastié au casting "L'Heure de vérité" sur France 2, la colère ne retombe pas à France Télévisions. Face à la levée de boucliers, Stéphane Sitbon-Gomez a choisi de répondre brièvement lors d'un petit-déjeuner organisé avec l'Association des journalistes médias.
Selon le journaliste de "Challenges" Adrien Schwyter, le patron des antennes de France Télévisions a défendu la future émission et dénoncé les critiques préventives : "On est en train de construire le dispositif. Vous jugerez sur pièces l'émission. Ce qui me terrifie, c'est le procès d'intention et qu'il y a des gens qui sont à bannir du service public".
Dans un communiqué publié mardi 5 mai, la Société des journalistes (SDJ) de France 2 a exprimé son opposition frontale à l'arrivée de la chroniqueuse de CNews au sein du nouveau rendez-vous politique du service public. "La mission d'un journaliste au sein d'une émission de service public n'est pas de porter un positionnement politique", écrivent les journalistes, qui dénoncent le profil d'une "polémiste" "identifiée pour ses idées très conservatrices et souverainistes". La SDJ juge également "regrettable de rémunérer une chroniqueuse qui attaque constamment l'audiovisuel public".
De son côté, dans un autre un communiqué, la CGT de France Télévisions accuse la direction de "donner des gages" à "l'extrême droite contre l'Audiovisuel Public". Le syndicat évoque "une conception du pluralisme qui penche franchement à droite" et rappelle les nombreuses prises de position de la journaliste contre l'audiovisuel public, notamment dans "L'Heure des Pros" et sur Europe 1. "En offrant son antenne à Eugénie Bastié, la direction de FTV sait très bien qu'elle ouvre les vannes à un courant de pensée qui charrie l'antiféminisme réactionnaire, le conservatisme catholique et qui flirte avec les idées royalistes de l'Action française", peut-on encore lire.
L'éditorialiste et plume du "Figaro" continuera d'ailleurs de cumuler ses différentes activités médiatiques. Selon "TV Mag", elle restera présente plusieurs fois par semaine sur Europe 1 dans la matinale de Dimitri Pavlenko, continuera ses interventions sur CNews auprès de Pascal Praud, et conservera également son émission hebdomadaire sur Figaro TV. Présente justement ce jeudi dans "L'Heure des Pros", Eugénie Bastié s'est dite "assez blessée" d'être qualifiée de polémiste par les journalistes du service public. "Ça fait dix ans que je travaille au Figaro, j'ai écrit des centaines d'articles, j'ai animé une centaine d'émissions avec des thématiques extrêmement diverses, des points de vue très variés et des gens de tous bords. Donc je ne vois pas au nom de quoi on me qualifierait de polémiste et pas de journaliste", a-t-elle déclaré.
Cette polémique intervient alors que le rapport du député Charles Alloncle sur l'audiovisuel public continue de faire débat. Le parlementaire appelait notamment à diversifier les profils éditoriaux présents sur les antennes de France Télévisions. Lors de ce même petit-déjeuner, Stéphane Sitbon-Gomez a annoncé que le groupe allait répondre publiquement au rapport Alloncle "aujourd'hui ou demain". "Il y a plein de propositions qui soit sont une méconnaissance, soit sont simplement un moyen de nous empêcher de faire notre travail. On n'a pas assez répondu, on doit faire preuve de plus de transparence."

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