"Ce type d'erreur ne peut pas se reproduire". Le 14 octobre 2025, Alexandre Kara, alors patron de l'information de France Télévisions, s'adressait à l'ensemble des rédactions pour revenir sur la double erreur commise la veille à l'antenne, dans le "13 heures" de Julian Bugier puis le "20 heures" de Léa Salamé. Les deux présentateurs, lors du lancement d'un sujet sur Dominique Bernard, assassiné en 2023 à Arras, avaient évoqué un drame lié à sa décision de montrer en classes des caricatures de "Charlie Hebdo". Une confusion avec l'assassinat de Samuel Paty, à Conflans-Saint-Honorine, en octobre 2020. "Nous allons analyser la chaîne des événements qui a conduit à ce ratage, avait assuré Alexandre Kara dans un mail interne, avant d'ajouter : "Nous allons devoir encore améliorer la chaîne de contrôle éditoriale des textes de nos éditions, pourtant importante, mais visiblement pas suffisante. Je rappelle encore une fois toutes les équipes à la plus stricte vigilance, il en va de la crédibilité de l'information de service public". Julian Bugier et Léa Salamé avaient, tous deux, présenté un rectificatif à l'antenne.
Plusieurs mois après ce ratage, l'Arcom, qui avait été saisie par les téléspectateurs, a rendu son verdict. L'autorité de régulation considère que "l’erreur observée en l’espèce dans le traitement de l’information, se rapportant à des faits d’une extrême gravité, était de nature à caractériser un manquement de l’éditeur à son obligation d’honnêteté et de rigueur dans la présentation de l’information. La circonstance que cette erreur ait pu se produire à deux reprises au cours de la même journée apparaît de nature à conforter ce constat", et ce même si le contexte (les hommages à Samuel Paty et Dominique Bernard en octobre 2025) était "de nature à éclairer les circonstances ayant pu conduire à une telle confusion s’agissant des motivations des meurtriers".
L'Arcom est donc "intervenue fermement auprès de la société France Télévisions afin de lui demander de veiller à l’avenir au respect de l’exigence d’honnêteté et de rigueur qui lui incombe dans la présentation de l’information, en toutes circonstances, et plus singulièrement lorsque sont évoquées des affaires aussi dramatiques". Dans son cahier des charges, à l'article 35, France Télévisions garantit "la rigueur dans la présentation et le traitement de l’information", a également rappelé l'Arcom dans sa décision.
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