La réaction de CNews était attendue. Ce week-end, la chaîne d'actualité en continu s'est de nouveau retrouvée dans le viseur après deux séquences polémiques diffusées en direct. Les deux concernaient Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, qui entend bien porter plainte contre le média de Vincent Bolloré pour les propos "scandaleux" entendus à l'antenne. Or, dans un communiqué transmis à la presse, le canal 14 de la TNT se défend de tout racisme proclamé en plateau. "Suite aux polémiques suscitées par certaines séquences diffusées les vendredi et samedi 27 et 28 mars, CNews conteste formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus", est-il écrit dans ce droit de réponse. La chaîne dénonce une déformation des interventions survenues dans "100% Politique week-end" puis dans "Face à Michel Onfray".
"La chaîne tient à rappeler que les extraits largement relayés sur les réseaux sociaux et dans certains médias ont été tronqués et sortis de leur contexte, altérant ainsi leur sens initial", souligne le communiqué. "Ces pratiques participent à une instrumentalisation à des fins polémiques. En détournant ces contenus pour incriminer la chaîne, certains acteurs nourrissent un climat de défiance et de crispation qui nuit à la sincérité du débat public et à l'impartialité républicaine", dénonce CNews, régulièrement mise en garde par l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel, pour des propos incitant à la discrimination.
L'autorité a été saisie par Mathilde Panot, cheffe de file des députés de la France Insoumise, ainsi que par d'autres responsables de la gauche, après la comparaison douteuse effectuée par le psychologue Jean Doridot, vendredi soir. "C’est important de rappeler que l’'Homo sapiens', nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus –, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité", avait affirmé le chroniqueur régulier de la chaîne d'info. Samedi soir, vers 20h30, l'antenne concurrente de BFMTV avait souhaité revenir sur cette controverse, avec en bandeau "CNews victime d’une séquence tronquée". Le présentateur Olivier de Keranflec’h a tenu à ce que Jean Doridot clarifie ses propos à l’antenne.
Dans la foulée, le philosophe Michel Onfray avait prêté à Bally Bagayoko une attitude de "mâle dominant" pour avoir appelé à faire "allégeance" après son élection. Invité sur France Inter, lundi matin, l'édile francilien a regretté le manque de soutien au plus haut niveau de l'État après ces commentaires racistes. Il a déposé plainte et appelé à un grand "rassemblement citoyen" contre le racisme et les discriminations ce samedi sur le parvis de son hôtel de ville.
Invité sur RTL ce lundi 30 mars, Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, a dénoncé des "attaques ignobles (...). Nous sommes ici en France, c'est la République française qui reconnaît tous ses enfants quelle que soit leur origine", avant d'ajouter : "Je suis très choqué par ces propos". "On ne peut pas avoir ce genre de dérapage. C'est inacceptable", a-t-il insisté.

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