Il est devenu l’une des coqueluches des médias, mais aussi l’objet d’attaques parfois stupéfiantes. Depuis qu’il a été élu maire de Saint-Denis au premier tour le 15 mars dernier, Bally Bagayoko est devenu un vrai enjeu politique à lui tout seul. Le parcours de cet enfant de l’immigration, qui a rejoint les rangs de La France Insoumise, cristallise en effet les discussions. Au point de devenir la cible d’une cabale intense, alimentée par ses adversaires et relayée sur les réseaux sociaux. La première polémique à son sujet a débuté au surlendemain de son sacre, lorsque Apolline de Malherbe a mal entendu sa formule- ou est tombée dans le piège de la fake news selon les versions - et lui a présenté ses excuses pour ce quiproquo.
La controverse a enflammé les réseaux sociaux, de nouveau échauffés par une séquence diffusée, ce vendredi soir sur CNews dans "100% Politique Week-end". Alors qu'un débat portait sur "Saint-Denis, ville laboratoire de LFI" ?", le présentateur a voulu décrypter ce cas par le prisme comportemental de son nouveau maire. L'édile "essaye de pousser les limites ?", demande Olivier de Keranflec'h. L'un des intervenants, psychologue de métier, s'est saisi de l'occasion pour partager son avis. "C’est important de rappeler que nous sommes des mammifères sociaux et que nous faisons partie de la famille des grands singes. Et par conséquent dans toute collectivité, toute tribu, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité", a d’abord introduit le docteur Jean Doridot. "Et là, ce qui se révèle avec l’élection de Bally Bagayoko à Saint-Denis, c’est que ça rappelle quand même qu’un maire dans une commune a énormément de pouvoir", a-t-il poursuivi.
Jean Doridot ne s'est pas arrêté là et a poursuivi son analyse : "Il a beaucoup de latitude, de possibilités d’action et je ne veux pas faire de procès d’intention, mais nous sommes dans une démocratie de droit où l’on ne peut pas faire ce que l’on veut". "Maintenant, (...) personne ne peut décider comme ça, le fait du prince, à l'époque des rois, je destitue tel maire", a-t-il enfin ajouté, alors que la question de sanctions était évoquée en plateau à l'encontre de Bally Bagayoko. Puremédias vous propose de visionner cette séquence dans la vidéo ci-dessus.
Cette intervention a fait bondir les internautes, au contraire des autres personnes présentes en plateau, stoïques face à cet argumentaire. Parlemantaires et associations ont ainsi annoncé leur intention de saisir l’Arcom pour cette séquence jugée raciste. "Sur CNews, le maire de Saint Denis Bally Bagayoko est comparé à un singe et à un "chef de tribu" (...) Ce racisme crasse et décomplexé est intolérable. Soutien total à Bally Bagayoko. Sa dignité est notre fierté face à ceux qui par leurs paroles déshonorent la France", a écrit Mathilde Panot, cheffe de file du groupe LFI à l’Assemblée nationale. "Énième confirmation que cette chaîne est un cloaque raciste", a abondé le sénateur communiste Ian Brossat, en annonçant également un "nouveau signalement" au régulateur de l'audiovisuel et du numérique.
Contactée par l'AFP, la direction de CNews n'a pas donné suite dans l’immédiat. Va-t-elle sanctionner son intervenant, comme elle a récemment retiré de l’antenne Jean-Claude Dassier, auteur de propos similaires ?

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