Un nouveau dérapage sur l'antenne de CNews. Lors d'une discussion autour de la cérémonie de clôture des JO d'hiver de Milan-Cortina, l’écrivain Richard Millet avait provoqué un tollé en comparant les galas de la compétition italienne à ceux de Paris 2024. "Je préfère la Traviata à cette énorme chanteuse malienne qui chantait devant l’Académie française", avait-il lancé en référence à la performance de l’artiste Aya Nakamura. Les propos de l'essayiste polémique avaient immédiatement été vilipendés par l'avocate Sarah Saldman, avant que Pascal Praud sorte de sa neutralité et "être obligé de modérer". Mais, la séquence avait suffisamment choqué les téléspectateurs pour que l'Arcom soit alertée, notamment par SOS Racisme, afin qu'elle puisse se pencher sur "ce massacrage médiatique quotidien".
Le gendarme de l'audiovisuel a publié ce vendredi 19 juin sa décision, débattue lors d'une assemblée plénière organisée au début du mois. Il n'a retenu aucun "manquement au regard de la modération apportée immédiatement à l’antenne, les propos ayant été repris à la fois par le présentateur et une chroniqueuse". Toutefois, l'institution dirigée par Martin Ajdari assure avoir contacté la chaîne d'information du groupe Canal+ pour "relayer l'émoi suscité" par cette séquence.
L'autorité a justifié ce rappel à l'ordre en rappelant quelques points clés de ses textes de référence. "L’Arcom "assure le respect des droits des femmes dans le domaine de la communication audiovisuelle. A cette fin, elle veille, […] à l'image des femmes qui apparaît dans ces programmes, notamment en luttant contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes", peut-on notamment lire au sujet de l’article 3-1 de la loi du 30 septembre 1986.
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D'abord repris timidement par Pascal Praud pour sa comparaison plus que douteuse, Richard Miller avait été contraint de s'excuser en direct pour ses "propos inappropriés". "Richard vous savez l’amitié que je vous porte, et l’estime intellectuelle. Et on a plaisir à ce que vous soyez là avec nous. Vous êtes un homme de qualité, je n’ai pas vocation à vous réprimander, je ne suis pas votre professeur ni rien du tout. Mais vous nous mettez en difficulté, nous, la chaîne et moi. Parce qu’après c’est moi qui suis responsable", l'avait sermonné le présentateur de "L'heure des pros", régulièrement dans le collimateur de l'Arcom.
Face à l'insistance du chef de bande, l'auteur de cette envolée raciste s'était plié à cet acte de contrition forcé. "Je vais vous dire, ça ne vous ressemble pas. Vous n’êtes pas comme ça dans la vie", avait alors conclu un Pascal Praud plus pondérateur que jamais.

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