Une décision qui ne constitue pas une sanction. L’Arcom s’est penchée sur une chronique de Pierre-Emmanuel Barré diffusée le 10 mai 2026 sur Radio Nova, dans l’émission "La Dernière" de Guillaume Meurice, au cours de laquelle l’humoriste s’en était notamment pris à Sophia Aram et à Gabriel Attal. Réuni en collège le 27 juillet, le régulateur a finalement estimé qu’aucun manquement de la station à ses obligations n’était caractérisé.
Dans son communiqué, l’Arcom rappelle que la séquence était "explicitement humoristique" et bénéficiait donc d’une "protection renforcée au titre de la liberté d’expression consacrée de jurisprudence constante par la Cour européenne des droits de l’homme et la Cour de cassation".
Pour autant, l’autorité a tenu à faire passer un message à Radio Nova. Elle indique avoir jugé nécessaire de faire part à la station des "vives réactions suscitées par la séquence, dont le contenu a choqué de nombreux auditeurs". L’Arcom précise également que "l’appréciation du caractère éventuellement diffamatoire d’éléments de cette séquence ne relève pas de la compétence de l’Arcom mais de celle du juge judiciaire."
Le 10 mai dernier, Pierre-Emmanuel Barré avait consacré une partie de son billet au concours de l’Eurovision, tout en s’attaquant à plusieurs personnalités médiatiques. Parmi elles, Sophia Aram, dont il avait notamment imaginé un accident de voiture : "Sophia je te souhaite tellement de devenir daltonienne et de traverser au feu rouge là ! Bam ! Ah non, mrde, comment va la bagnole ? Ça va, elle roule encore. Super, alors repasse une fois en marche arrière !"
L’humoriste avait ensuite poursuivi sa charge en faisant référence aux prises de position de la chroniqueuse sur le conflit israélo-palestinien : "Ça va, elle met des guillemets à un vrai génocide, je peux lui mettre une Kangoo imaginaire dans la gueule. Et je sais, je sais que c’est pas bien. Je ne parle pas de la blague sur Sophia Aram, elle est super."
Une sortie qui avait rapidement fait réagir la chroniqueuse de France Inter. Sur X, Sophia Aram avait dénoncé : "Comme le harcèlement et la haine en ligne, l’humour de la 'gauche Pigasse' se pratique en meute", en interpellant directement Matthieu Pigasse, propriétaire de Radio Nova.
La polémiste Caroline Fourest avait également qualifié les chroniqueurs de la radio d'"humoristes mélenchonistes qui humilient les rivaux du chef de la meute, ne parlent que d’Israël, font rire sur la mort de Sophia Aram ou de Gabriel Attal… De l’humour sinistre au service d’une ambition politique. Du CNews inversé."
De son côté, Matthieu Pigasse avait fermement défendu sa station et ses humoristes. Face aux critiques, le propriétaire de Radio Nova avait assuré que celle-ci "n’est pas un 'CNews inversé'", mais "un espace libre, parfois irrévérencieux, mais toujours vivant". Il avait également défendu la liberté de ton des humoristes, estimant que "le rire est un des piliers de la démocratie" et que leur rôle est précisément "d’aller plus loin que les journalistes", quitte à "gratter, piquer, énerver ou polariser".