Un premier épisode à 3000m d'altitude sur les hauteurs de Tignes, un deuxième, ce mercredi soir, sur les plages du Touquet... La saison 17 de "Top Chef", lancée le 4 mars dernier, marque un tournant pour l'émission culinaire avec l'abandon du plateau historique et la suppression des traditionnelles brigades. À l'exception de "La Guerre des restos" ou de rares étapes dans des palaces et lieux exceptionnels, les compétiteurs avaient pour habitude de cuisiner à domicile dans le studio 210 de la Plaine Saint-Denis. "Chaque semaine on est dehors, on bouge, parce qu'effectivement, on s'inspire un peu de ce qui se passe aujourd'hui dans les cuisines", confiait en conférence le présentateur Stéphane Rotenberg, habitué à jouer les nomades dans "Pékin Express".
Mais comme pour la course en auto-stop, faire fonctionner une machine aussi colossale que "Top Chef" à l'extérieur relevait du défi pour les équipes. "L’itinérance est en soi un challenge pour la télévision qui est encore un média très lourd avec beaucoup de gens. Ici, on a le côté technique mais aussi toute la régie cuisine, la plonge, il faut amener tous les éléments, la vaisselle, casseroles. Il fallait partir avec tout ça…", rappelle l'animateur historique du format dans les colonnes du "Parisien".
La production a dû s'adapter à ces nouvelles conditions de tournage pour enchaîner les épreuves. Invitée de "Culture médias", ce mercredi, la jurée Stéphanie Le Quellec les a félicités pour leur flexibilité. "C'était une sacrée aventure et il y a des moyens déployés pour que les candidats puissent cuisiner dans les meilleures conditions", estime l'ancienne lauréate du concours. Le travail du staff s'est avéré monstrueux. "C’était le plus gros défi depuis seize ans auquel on a dû faire face et il a été relevé par les équipes", congratule Romuald Graveleau, directeur des programmes chez Studio 89 qui produit l’émission. "Ce n’était pas gagné d’avance, mais on a la chance d’avoir des équipes qui ont l’habitude de bosser ensemble, qui ont déjà installé des cuisines dans des trains, des bateaux, dans tellement d’endroits différents".
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À chaque épisode, tourné sur une seule journée et dans un lieu original, la production repartait d'une page blanche. "À chaque fois il fallait tout remettre en place, les plans de travail, l’implantation des lumières et des caméras, avec plusieurs lieux de tournage dans un même décor, un pour le lancement, un pour la cuisine — parfois deux pour gagner du temps entre les épreuves — et un pour la dégustation, le garde-manger", détaille Romuald Graveleau. Pour les candidats et juges de leurs assiettes, les journées de tournage pouvaient s'avérer interminables. "Ce qu’on tournait en un jour et demi, on le mettait en boîte en une journée, ça nous faisait des journées à rallonges", se souvient la cheffe Hélène Darroze. "C'était très colonie de vacances parce que même si c'était long, on était quand même tous les cinq à ses retrouver un coup dans le bus, un autre dans le train", relativise Stéphanie Le Quellec.
Pour mettre en place tout ce barnum, des compromis ont néanmoins dû être effectués. Les lieux ont ainsi été principalement choisis en Île-de-France. Sur les quinze décors, seuls quatre ont été montés en Province, avec, dans la limite du possible, une rationalisation des déplacements. Les chefs étrangers, qui ont fait l'ADN des précédentes saisons, n'ont pas été de la partie, toujours dans ce souci de privilégier l'impact environnemental. Quant aux exigences matérielles des génies des fourneaux en permanente ébullition d'idées, elles ont été satisfaites à une ou deux exceptions près. "À ce moment-là, le candidat se débrouille", rigole Stéphane Rotenberg face à notre confrère.

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