Fin de partie pour Xenia Fedorova ? Les services français ont estimé que la place de la figure émergente de CNews n’était pas sur le territoire français, et encore moins à l’antenne, et a délivré un arrêté ministériel d’expulsion à son encontre. Elle est accusée par le Quai d'Orsay de relayer la propagande pro-russe dans les médias qui lui font confiance, ceux sous le giron de Vincent Bolloré. Mais, un recours a été formé par l'avocat de l'ancienne dirigeante de Russia Today en France, et ses employeurs continuent de la défendre en invoquant la "liberté d'expression".
Ce mot sonne faux ou demeure galvaudé pour le journaliste Victor Eyraud, lequel affirme avoir été évincé de l'antenne d'Europe 1 sur la demande de l'égérie de la Bollosphère. "Liberté d’expression ? Pluralisme des opinions ? Allez, question à 1 million : pourquoi ai-je été subitement et définitivement écarté de l’antenne d’Europe 1 en avril ?", a écrit sur X l'éditorialiste politique en réponse au texte écrit conjointement par CNews et Lagardère. Selon des informations complémentaires du spécialiste médias Clément Garin, cet intervenant régulier de la station bleue aurait contredit la porte-voix de Vladimir Poutine dans un monologue pro-russe à l'antenne. Il s'opposait à elle sur sa vision de la guerre en Ukraine.
Il affirme lui-même avoir été mis à l'écart à cause de Xenia Fedorova lorsqu'un internaute lui demande : "Vous voulez nous faire croire que c’est elle qui sélectionne les journalistes ?". "Ben oui", a répondu l'intéressé. Depuis son éviction, Victor Eyraud a rebondi chez "Valeurs actuelles", où il alimente la rubrique politique de l'hebdomadaire. Il est également invité en tant qu'éditorialiste sur BFMTV.
À lire aussi : "J'ai été viré sans explications" : Bruno Clermont, consultant de CNews, limogé "par texto" après 4 ans de présence à l'antenne
La polémique au sujet de la chroniqueuse pro-russe s'était enflammée fin mai, après une enquête fouillée du quotidien "Le Monde" qui lui prêtait une influence grandissante dans les médias de Vincent Bolloré. Éditorialistes comme responsables politiques l'avaient alors égratignée dans leurs billets d'humeur ou en interview. "Xenia Fedorova n'est pas une voix parmi d'autres sur CNews : elle est 'la' voix de Moscou qui domine toutes les autres, ce qui la rend bien plus puissante qu'à l'époque où elle dirigeait RT", l'avait taclé Patrick Cohen sur France Inter. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait qualifié sur la même station la chroniqueuse de "propagandiste patentée, qui sert de relais à la désinformation du Kremlin".