Les choses se compliquent pour Xenia Fedorova. La propagandiste russe, intervenante régulière sur les plateaux de CNews et les studios d'Europe 1, chroniqueuse dans le "JDNews", va devoir faire ses bagages pour retourner sur sa terre natale, la Russie. Mercredi 29 juillet, on apprenait que l'ancienne patronne de RT France était visée par un arrêté ministériel d'expulsion : une "décision souveraine qui lui retire de facto le titre de séjour et lui interdit de travailler", indiquait l'entourage du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez au "Monde". "Son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État, avait déclaré le ministre à l'AFP, ajoutant que sa présence dans l'Hexagone "constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public".
L'annonce de cet arrêté ministériel d'expulsion a provoqué une réaction quasi immédiate des employeurs tricolores de Xenia Fedorova. "Les groupes CANAL+ et Lagardère ont appris avec stupeur que l'une de leurs salariées, Madame Xenia Fedorova, [...], a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion immédiate pris par le ministère de l'Intérieur, peut-on lire dans un communiqué de presse commun des deux entités, publié le 29 juillet. Sans que chacun soit nécessairement tenu de partager l’ensemble des analyses ou des opinions exprimées par Mme Fedorova, les groupes CANAL+ et Lagardère considèrent que l’empêcher de participer au débat public et d’exprimer ses points de vue sur la situation française et internationale constituerait une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions."
Invoquant "la liberté d'expression" et "la liberté de la presse", les deux groupes, filiales de l'empire Bolloré, affirment apporter "leur plein soutien à Madame Fedorova face à cette décision." Et d'ajouter : "La liberté d’expression ne se défend pas uniquement lorsque les opinions exprimées font consensus. Elle se défend précisément lorsqu’elles dérangent ou suscitent la contradiction, dès lors qu’elles s’inscrivent dans le débat démocratique, comme c’est le cas dans l’ensemble de nos médias." Maître Emmanuel Piwnica, avocat de Xenia Fedorova, avait annoncé hier qu'il allait former un recours. "Xenia Fedorova est une journaliste. Cette décision est une atteinte grave à la liberté d’expression d’une journaliste qui a toujours exercé son activité de manière la plus convenable qu’il soit", avait-il appuyé.